
Un manifestante brandit une affiche représentant Nicolas Maduro, sur laquelle on peut lire "Je suis le président du Venezuela et je me considère comme un prisonnier de guerre", à Caracas, au Venezuela, le 10 janvier 2026. © Fausto Torrealba, Reuters
Alors que le gouvernement des États-Unis a appelé samedi 11 janvier ses ressortissants à quitter "immédiatement" le Venezuela en raison d'une situation sécuritaire jugée instable, une semaine après la capture de Nicolas Maduro, le président déchu assure depuis sa prison à New York aller "bien".
"Nous allons bien. Nous sommes des combattants", a-t-il déclaré depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, selon son fils dans une vidéo publiée par le parti au pouvoir au Venezuela.
Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine, sont incarcérés depuis aux États-Unis avant une prochaine audience le 17 mars.
Avec des pancartes proclamant "Nous voulons leur retour", un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant "Maduro et Cilia sont notre famille !"
"Ici, il y a un peuple qui se bat", dit dans le cortège Yusleidys Arroyo, 36 ans.
"Nous allons le sauver"
Les appels à manifester en soutien au dirigeant socialiste déchu sont quotidiens depuis l'opération militaire américaine du 3 janvier. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du Parti au pouvoir, le PSUV, n'était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.
La manifestation coïncidait également avec l'anniversaire de l'investiture de Maduro pour un troisième mandat, à l'issue des élections de 2024 dénoncées par l'opposition comme frauduleuses.
La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez à une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s'est également tenue une petite manifestation en faveur de Maduro.
"Nous n'allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n'aurons pas récupéré le président", a lancé Delcy Rodriguez. "Nous allons le sauver, bien sûr que oui".
Dans la foulée de la chute surprise de Maduro, l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.
Son gouvernement a "décidé d'entamer un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis, rompues depuis 2019.
Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, "l'administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires", indique samedi un responsable du département d'État.
Donald Trump a affirmé avoir "annulé" une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la "coopération" de Caracas, et Washington entend "dicter" toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n'est ni "subordonné, ni soumis" à Washington.
"Quitter le pays immédiatement"
Samedi, le département d'État américain a enjoint tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s'y trouvent à "quitter le pays immédiatement", en raison d'une situation sécuritaire jugée "instable".
Il a évoqué la présence de "groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux États-Unis".
L'alerte américaine "repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n'existe pas", a rétorqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que "le Venezuela jouit d'un calme, d'une paix et d'une stabilité absolus".
"Le Venezuela a commencé, DE MANIERE SPECTACULAIRE, à libérer ses prisonniers politiques. Merci !", a commenté Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, en référence à l'annonce jeudi par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, de la libération de "nombreux prisonniers".
Depuis, des dizaines de familles d'opposants ou militants vivent dans l'angoisse et l'espoir de retrouver leurs proches.

Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l'Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l'est de Caracas. Là, des proches devaient allumer des bougies et prier en tenant des pancartes avec le nom des leurs emprisonnés, a constaté l'AFP.
Des ONG et l'opposition font état à ce stade de 21 libérations. sur un total de détenus qui oscille entre 800 et 1 200 selon les estimations d'ONG et d'organisations.
Avec AFP
