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Alors que Minneapolis manifeste, deux personnes blessées à Portland par des policiers fédéraux
Des milliers de personnes sont descendues dans la rue jeudi à Minneapolis, au lendemain des tirs mortels de la police de l'immigration sur une conductrice de 37 ans. Dans l'après-midi, un nouvel incident du même genre est arrivé à Portland, dans l'Oregon : deux personnes ont été blessées par des tirs de policiers fédéraux. Selon le ministère de la Sécurité intérieure, elles avaient tenté de "rouler sur les policiers".
Des manifestants se tiennent devant les locaux de la police fédérale de l'immigration (ICE) à Portland, dans l'Oregon le 8 janvier 2026. © Jenny Kane, AP

Deux personnes ont été blessées jeudi 8 janvier à Portland par des tirs de policiers fédéraux, a annoncé la police de cette ville de l'Oregon (ouest), un incident susceptible d'alimenter les tensions aux États-Unis, où une femme a été tuée la veille à Minneapolis par un autre agent fédéral.

Le ministère fédéral de la Sécurité intérieure (DHS), en charge des policiers impliqués, a écrit sur X que les deux personnes étaient en voiture et ont tenté de "rouler sur les policiers", qui ont répliqué - un récit officiel proche de celui fourni à Minneapolis.

"Deux personnes ont été hospitalisées à la suite d'une fusillade impliquant des agents fédéraux", a expliqué la police municipale dans un communiqué.

L'antenne locale du FBI a brièvement annoncé enquêter sur l'action d'agents de la police aux frontières (CBP), dans un message sur X, avant de retirer sa publication quelques minutes plus tard.

Selon les autorités fédérales, les agents de la police aux frontières cherchaient à interpeller le passager de la voiture, "un Vénézuélien sans papier lié à la branche prostitution du gang transnational Tren de Aragua et récemment impliqué dans des tirs à Portland." La personne au volant, accusée d'avoir voulu renverser les policiers, est aussi liée à ce gang, selon le DHS. L'état des victimes, un homme et une femme, reste "inconnu", selon la police de Portland.

L'administration Trump défend la thèse de la légitime défense à Minneapolis

Cette nouvelle fusillade impliquant des agents fédéraux survient juste après la mort d'une femme de 37 ans à Minneapolis la veille, tuée par un agent de la police de l'immigration (ICE). Son décès a poussé des milliers de personnes à descendre dans la rue et provoque une vive polémique autour des instructions données par l'administration Trump aux forces de police chargées de lutter contre l'immigration.

Le vice-président JD Vance a défendu jeudi bec et ongles la thèse de la légitime défense dans le drame de Minneapolis, assurant que l'agent impliqué a agi pour protéger sa vie et celle de ses collègues, alors que la victime tentait de les renverser en voiture. Mais cette version est fermement contestée par l'opposition locale démocrate, qui s'appuie sur plusieurs vidéos montrant la femme à bord d'une voiture et le policier se tenant à côté du véhicule.

"À peine un jour après les violences horribles commises par des agents fédéraux dans le Minnesota, notre communauté ici à Portland est désormais confrontée à un autre incident profondément troublant", a déploré le maire de Portland, Keith Wilson, dans un communiqué. "Nous ne pouvons rester les bras croisés alors que les protections constitutionnelles s'érodent et que les effusions de sang se multiplient", a-t-il ajouté. "Portland n'est pas un 'terrain d'entraînement' pour les agents militarisés, et la 'force totale' brandie par l'administration a des conséquences mortelles."

L'édile démocrate a appelé l'ICE à "mettre fin à toutes ses opérations à Portland jusqu'à ce qu'une enquête approfondie puisse être menée". Il a également appelé les habitants au "calme", dans cette ville qui avait connu des manifestations violentes lors du premier mandat de Donald Trump.

Avec AFP