logo

Un membre des forces de l'ordre tué dans les manifestations en Iran
Un membre des forces de l'ordre a perdu la vie dans l'ouest de l'Iran, tôt jeudi. Il s'agit de la première victime officiellement recensée depuis le début de ces rassemblements contre la vie chère dimanche.
Des gens passent devant des magasins fermés après des manifestations contre la vie chère, dans le grand bazar de Téhéran, en Iran, le 30 décembre 2025. © Majid Asgaripour, West Asia News Agency via Reuters

Un membre des forces de l'ordre a été tué dans l'ouest de l'Iran, tôt ce jeudi 1er janvier. Il s'agit de la première victime officiellement recensée au cinquième jour de rassemblements sporadiques, initialement pacifiques, organisés contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.

"Un membre du Bassij de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu'il défendait l'ordre public", a annoncé la télévision d'État, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (ouest de l'Iran), Saïd Pourali.

Il s'agit de la première victime officiellement recensée depuis le début, dimanche, de ces rassemblements initialement pacifiques à Téhéran, qui se sont depuis étendus à d'autres villes et aux universités. Les médias d'État avaient qualifié des manifestants d'émeutiers lors de précédents mouvements.

Les forces du Bassij sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

"Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassij ont été blessés par des jets de pierres", a ajouté Saïd Pourali.

Cette ville de près de 90 000 habitants est située à 550 kilomètres de la capitale, Téhéran, où une mobilisation initiée par des commerçants pour protester contre la vie chère et le marasme économique a débuté dimanche. La grogne s'est étendue mardi à au moins dix universités du pays et à d'autres villes, où des incidents ont été rapportés par les autorités.

Week-end prolongé

Mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud de l'Iran à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mis en congés, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d'énergie.

Elles n'ont fait, officiellement, aucun lien entre cette attaque et les manifestations. L'Iran est au début d'un week-end prolongé qui s'achèvera dimanche.

Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a dit comprendre mercredi la tenue de ces "manifestations pacifiques" de personnes dénonçant le coût de la vie.

Mais "toute tentative" visant à les transformer "en un outil d'insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l'étranger sera inévitablement suivie d'une réponse (...) ferme", a mis en garde ce responsable, cité par la télévision d'État.

La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d'un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu'une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d'achat des Iraniens.

Le taux d'inflation était, en décembre, de 52 % sur un an, selon le Centre de statistiques d'Iran, un organisme officiel.

Le mouvement de grogne contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec le mouvement qui avait secoué l'Iran fin 2022, après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne.

Avec AFP