
Selon un dernier sondage, Ségolène Royal l'emporterait aux prochaines élections régionales, malgré quelques difficultés à boucler sa liste. La présidente sortante tente en effet d'y faire figurer un maximum de candidats d’ouverture.
Les choses s’annoncent bien pour Ségolène Royal. Selon un sondage Ifop pour Paris-Match, la Nouvelle République et Public Sénat publié ce mercredi, la présidente sortante de la région Poitou-Charentes l'emporterait largement aux élections régionales de mars prochain.
Au second tour, dans l'hypothèse où les écologistes ne se maintiendraient pas, la liste de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle recueillerait 57% des voix contre 43% pour celle de l’UMP menée par le secrétaire d’État aux Transports Dominique Bussereau.
Pourtant, sa campagne n’a rien d’une promenade de santé. Ségolène Royal s’est attiré les foudres de son propre camp en promettant d’intégrer à sa liste, des centristes, des écologistes ou encore des syndicalistes. Au total, la candidate a proposé pas moins de 14 places à des candidats d’ouverture.
Une soixantaine d’élus et de militants socialistes lui ont ainsi adressé une lettre ouverte, mardi, pour afficher leur désaccord avec sa stratégie d’ouverture. Les auteurs appellent "à privilégier l'alliance avec nos partenaires naturels de gauche plutôt qu'avec le MoDem". Depuis sa parution, cette lettre a recueilli une centaine de signatures supplémentaires.
Pour Michel Gourinchas, maire socialiste de Cognac et tête de liste en Charentes, cette initiative pose "un problème au niveau du timing". "Les dissensions, il fallait les montrer avant. Ségolène Royal avait annoncé à l’époque du Congrès de Reims qu’elle souhaitait ouvrir des centristes à l’extrême-gauche. Il n’y a que ceux qui ne voulaient pas le savoir qui peuvent être surpris", a-t-il déclaré.
Tractations difficiles avec le MoDem
Depuis le début de sa campagne, la présidente sortante a pris le soin d'éviter la lumière des projecteurs. Elle avait néanmoins attiré l’attention des médias nationaux le 16 janvier dernier en proposant cinq places éligibles au MoDem. Une stratégie d’ouverture dont Ségolène Royal, qui fait de sa région un laboratoire politique, veut faire sa marque de fabrique.
Mais là encore ça coince. Alexis Blanc, président du MoDem de Charente-Maritime et partisan d’une alliance au deuxième tour avec les socialistes, rapporte dans le quotidien régional La Nouvelle République que la candidate aurait, depuis, revu son offre à la baisse, en ne proposant que trois places aux centristes.
La candidate socialiste arguerait que les centristes, dont la liste autonome est crédité de 5% des voix dans le sondage du jour - soit le seuil minimum pour pouvoir fusionner sa liste au second tour - ne pèse pas assez. "Nous lui avons dit que nous n'étions pas d'accord et que nous sommes allés très loin pour faire cette alliance. (…) Ce sera le groupe entier ou rien", a exigé Alexis Blanc.
Ségolène Royal, dont l’entourage ne confirme pas l’information, a jusqu’au lundi 15 février, date de dépôt des listes, pour régler le problème. En attendant, elle pourra savourer le sondage du jour. "L’essentiel", souligne son co-listier Michel Gourinchas.