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Cambriolage au Louvre : ce que l'on sait, après les nouvelles mises en examen
Deux semaines après le spectaculaire cambriolage du musée du Louvre, l'enquête avance. Deux nouveaux suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire samedi, portant à quatre le nombre de personnes écrouées. Voici ce que l'on sait.
Des agents CRS patrouillent près de la pyramide de verre du musée du Louvre à Paris, en France, le 27 octobre 2025. © Abdul Saboor, Reuters

Le mystère reste entier autour du braquage du Louvre, survenu le 19 octobre. Si quatre suspects sont désormais derrière les barreaux, les enquêteurs n'ont pour l'instant retrouvé ni les bijoux volés, ni de trace de complices au musée. L'affaire mobilise des dizaines d'enquêteurs pour tenter de reconstituer le scénario du vol.

Combien de personnes impliquées ? Ont-elles reconnu les faits ? Quel est leur profil ? Et surtout, où sont passés les bijoux ? France 24 fait le point sur les dernières avancées.

  • Combien de suspects ?

Deux nouvelles personnes arrêtées mercredi soir ont été mises en examen et placées en détention provisoire samedi, portant à quatre le nombre de suspects écroués.

Il s'agit d'un homme de 37 ans, soupçonné d'être un des quatre membres du commando ayant dérobé les joyaux, et de sa compagne de 38 ans, a indiqué la procureure de Paris Laure Beccuau.

Cambriolage au Louvre : ce que l'on sait, après les nouvelles mises en examen
La procureure de Paris Laure Beccuau lors d'une conférence de presse le 29 octobre. © Stéphane de Sakutin, AFP

Deux autres hommes habitant Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), âgés de 34 et 39 ans, sont eux aussi soupçonnés d'avoir fait partie du commando. Arrêtés le 25 octobre – l'un à l'aéroport de Roissy alors qu'il tentait de rejoindre l'Algérie, l'autre à Aubervilliers –, ils ont été mis en examen et écroués mercredi.

"Il y a quatre auteurs, il en reste au moins un à retrouver, plus sans doute le ou les commanditaires", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez au Parisien.

Dimanche sur France Info, Laure Beccuau a par ailleurs évoqué de possibles autres complices, mentionnant l'emploi de "véhicules relais".

  • Les suspects ont-ils reconnu leur implication ?

Les deux hommes d'Aubervilliers "se sont livrés à des déclarations" jugées "minimalistes par rapport à ce qui nous paraît être démontré par le dossier", selon Laure Beccuau.

Ils sont mis en examen pour vols en bande organisée (15 ans de réclusion criminelle encourus) et association de malfaiteurs en vue de la préparation du crime de vol en bande organisé (10 ans encourus), tout comme l'homme de 37 ans.

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Le siège de la Brigade de répression du banditisme (BRB), qui a interpellé les suspects, le 26 octobre 2025 à Paris. © Alain Jocard, AFP

Sa compagne est, elle, soupçonnée de complicité de vol commis en bande organisée et association de malfaiteurs. Le couple, qui "a des enfants ensemble", a "contesté toute implication", a indiqué Laure Beccuau. L'homme "s'est refusé à toute déclaration", a précisé la procureure sur France Info.

Le couple a été interpellé après la découverte d'ADN leur appartenant dans la nacelle du monte-charge utilisé lors du cambriolage. Si celles de l'homme "sont importantes", pour celles de la femme, les enquêteurs se demandant s'il s'agit d'"ADN de transfert", c'est-à-dire "déposé sur quelqu'un, sur un objet, qui est ensuite redéposé dans la nacelle". "Tout ça méritera d'être investigué", a souligné Laure Beccau.

Concernant les hommes d'Aubervilliers, celui de nationalité algérienne a été ciblé grâce à de l'ADN retrouvé sur un des scooters ayant servi à la fuite, tandis que l'ADN du deuxième a été découvert sur une des vitrines fracturées et des objets abandonnés au Louvre.

Cambriolage au Louvre : ce que l'on sait, après les nouvelles mises en examen
Vol des bijoux du Louvre dans la galerie d'Apollon. © Valentin Rakovsky, Valentina Breschi, Fred Garet, AFP
  • Quel est le profil des mis en examen ?

Les deux hommes d'Aubervilliers, soupçonnés d'être ceux ayant pénétré dans la galerie d'Apollon, ont "été impliqués dans une même affaire de vol pour laquelle ils ont été condamnés en 2015 à Paris", selon la procureure.

Âgé de 34 ans, l'Algérien était sans activité récente, mais avait auparavant travaillé comme ripeur (ramassage d'ordures) ou livreur. Le deuxième est un chauffeur de taxi clandestin de 39 ans. Il est connu pour des vols aggravés et doit être jugé mercredi à Bobigny pour avoir dégradé un miroir dans un commissariat en garde à vue.

Le casier de l'homme du couple porte de son côté "mention de 11 condamnations, dont une dizaine déjà pour des faits de vol" significatifs, a indiqué Laure Beccuau.

Cambriolage au Louvre : ce que l'on sait, après les nouvelles mises en examen
Vol des bijoux du Louvre : le déroulement. © Olivia Bugault, Sabrina Blanchard, AFP

Lors d'une audience devant le juge des libertés (JLD) à laquelle a pu partiellement assister l'AFP samedi, sa compagne, habitante de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), était en pleurs, disant avoir "peur" pour ses enfants et pour elle-même.

Les profils ne correspondent pas à ceux "que généralement on associe au haut du spectre de la criminalité organisée", a indiqué Laure Beccau, tout en soulignant qu'"aujourd'hui, on a des profils pas très connus en criminalité organisée qui montent assez vite sur des faits extrêmement graves".

  • Où sont les bijoux ?

Les différentes perquisitions n'ont "pas permis de retrouver" les bijoux, a souligné la procureure.

Laurent Nunez, qui s'est dit confiant qu'on puisse les récupérer, a évoqué l'existence de plusieurs hypothèses, "y compris qu'ils soient déjà écoulés à l'étranger".

D'après la procureure, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) examine tous les "marchés parallèles" de revente. Parmi les hypothèses, elle a évoqué celle que les joyaux soient "une marchandise de blanchiment, voire de négociation dans le milieu de la criminalité organisée", en tant que "monnaie d'échange".

Avec AFP