
Le pilote français de Racing Bulls, Isack Hadjar, arrive au Grand Prix de Belgique de Formule 1 sur le circuit de Spa-Francorchamps, à Spa, le 25 juillet 2025. © Dimitar Dilkoff - AFP
Alors que la Formule 1 reprend vendredi 29 août pour les 10 dernières courses de l’année, le jeune Français Isack Hadjar occupe actuellement la 13ᵉ place du classement, devant son compatriote plus expérimenté Pierre Gasly. Parmi les petits nouveaux de la saison 2025, il attire l’attention du paddock et des médias comme un aimant. Derrière ce début prometteur se cache une trajectoire patiemment construite depuis l’enfance.
Isack Hadjar débute par le karting comme tous les pilotes de Formule 1. À l’âge de 7 ans et poussé par un environnement familial très impliqué, il participe à ses premières courses. Son père Yassine, d’origine algérienne, est chercheur en mécanique quantique ce qui lui permet de l’accompagner en tant que mécano sur les circuits. Sa mère, Randa, libano-algérienne, joue un rôle tout aussi central, organisant la logistique et l’aidant à trouver des financements.
"Le soutien de mes parents a été crucial, surtout au début quand les sacrifices financiers et personnels étaient importants", confie le jeune Parisien à Red Bull, la marque de boissons énergisantes qui possède deux écuries en Formule 1 (Oracle Red Bull Racing et Racing Bulls).
Ce socle familial fort permet au jeune franco-algérien de franchir rapidement les étapes. Hadjar se fait remarquer en 2022 pour un baquet en Formule 3 (nom du siège d’une monoplace, et par extension le fait d’avoir une place dans le championnat). Il décide alors d'opter pour la nationalité sportive française.
Il termine quatrième du championnat, remportant plusieurs courses et s’affirmant déjà comme l’un des plus prometteurs de sa génération.
Son style de pilotage précis et calculateur lui vaut alors le surnom flatteur de “petit Prost”, en référence au quadruple champion du monde français, attribué par Helmut Marko, responsable de la filière jeune pour Red Bull Racing.

En 2023, Hadjar franchit une nouvelle étape en intégrant la Formule 2, antichambre de la catégorie reine. Après une première saison d’apprentissage, Hadjar intègre la Red Bull Junior Team et gagne en expérience.
"Ils ont cru en moi dès le départ. Sans eux, je ne serais pas là", reconnaît-il. Ce programme académique lui ouvre deux ans plus tard les portes de la Formule 1.
Les débuts en Formule 1
Isack Hadjar devient pilote titulaire en 2025 chez Racing Bulls, l’écurie sœur de Red Bull Racing en F1. Les débuts sont difficiles pour le jeune Français, qui peine à remporter ses premiers points (attribués de la 1re à la 10e place de chaque Grand Prix). "Le passage au niveau supérieur a toujours été assez similaire. Mais en F1 [...] c’est un saut exponentiel, c’est une autre dimension." explique-t-il au Times.
Il ne lui faut toutefois pas longtemps pour faire transparaître son potentiel : "Isack plaît beaucoup aux médias du monde entier, [...] la performance est là, le coup de volant est là [...] donc on se réjouit de suivre son année de rookie (première année, NDLR) en Formule 1", s'enthousiasme sur Europe 1 Julien Fébreau, spécialiste de la F1 pour Canal+.
Mais Hadjar redresse la barre assez rapidement. Ses résultats en qualifications s’améliorent et il atteint plusieurs fois les Q3, la troisième et dernière partie des qualifications, qui donne accès aux dix premières places au départ d'un Grand Prix.
Point culminant de sa saison : le Grand Prix de Monaco, où il termine sixième, son meilleur résultat. "Monaco, c’était spécial. Sentir la voiture dans ces rues, finir dans les points, c’est un moment que je n’oublierai jamais", raconte le pilote dans un documentaire de Canal+ qui lui est consacré, “Team Hadjar”.
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Accepter Gérer mes choixLaurent Mekies, l’ancien directeur de Racing Bulls promu récemment à la tête de Red Bull Racing, est d’ailleurs impressionné : "La façon et l’envie d’apprendre qu’il a montrées pendant ces quatre mois, la façon dont il a réussi à se transformer en éponge… c’est quelque chose qui est encore au-dessus du lot, comme [...] son énergie et sa motivation." déclare-t-il dans L'Équipe.
"Il n’est pas du genre à s’enflammer… c’est un indicateur de force intérieure assez important.", ajoute-t-il. Cette reconnaissance semble confirmer que le jeune Français est sur la bonne voie.
Vers un avenir radieux ?
La deuxième partie de saison s’annonce déterminante. Des rumeurs évoquent déjà une promotion chez Red Bull Racing pour remplacer Yuki Tsunoda, deuxième pilote de l’écurie.
"Je ne refuserais jamais un appel [de Red Bull Racing], c’est sûr, mais… Je m'amuse vraiment en ce moment", tempérait le jeune pilote après ses premiers points en F1. Une manière élégante d’affirmer qu’il souhaite avant tout se distinguer par ses résultats avant d’avoir une place aux côtés de Max Verstappen.

Racing Bulls, de son côté, n’entend pas le laisser filer si facilement, même pour aller dans l’écurie-mère. "Notre responsabilité est de créer autour de lui l’environnement qui va lui permettre de continuer à progresser, de l’aider à s’épanouir et à s’exprimer…", insistait Laurent Mekies auprès de L'Équipe, avant son départ de l’écurie.
S’il n’est qu’au début de son aventure en Formule 1, à 20 ans, Isack Hadjar fait déjà preuve d’un talent prometteur et d'une capacité à apprendre vite. Dans un paddock toujours avide de nouveaux héros, le "petit Prost" a désormais les cartes en main pour devenir le prochain grand champion français.