
Depuis le 21 août, le sud-est du Bangladesh est frappé par des inondations de grande ampleur, "les plus violentes depuis des décennies" selon l’ONU. Des Bangladais accusent l’Inde d’avoir aggravé le phénomène en ouvrant un barrage frontalier en pleine nuit, sans prévenir les habitants. Pour eux, il s’agit d’un acte de représailles au renversement par les étudiants bangladais du gouvernement de Sheikh Hasina.
Alors que des pluies diluviennes touchent le sud-est du Bangladesh depuis plusieurs jours, dans la nuit du 21 août dernier, l’Inde a ouvert un barrage frontalier au pays. Depuis, plusieurs villes et villages, comme Comilla, Feni et Chittagong, ont été particulièrement touchés par des inondations. D’après Reuters, au moins 23 personnes seraient décédées.
"Les élevages, les champs agricoles, sont complètement sous l’eau"
Une de nos Observatrices, Jeba Samiha Tori, membre d’Amnesty International au Bangladesh, avait de la famille qui habitait dans la région de Feni et de Comilla :
Les gens vivent actuellement sur des bateaux. Les refuges mis en place par les ONG locales sont complètement remplis. Il n’y a plus de place pour les gens. Les élevages, les champs agricoles, sont complètement sous l’eau.
Les Bangladais reprochent au gouvernement indien de ne pas avoir prévenu la population avant l’ouverture, et d’avoir intentionnellement aggravé les risques d’inondation.
Pendant le régime de Sheikh Hasina, les liens avec l’Inde étaient trop étroits. Je crois qu’ils (l’Inde) ont ouvert ce barrage pour mettre la population dans une situation dévastatrice. Et pour que le gouvernement d’intérim soit entravé, incapable d’aider la population. Et quand la population perdra confiance dans le gouvernement, le régime fasciste pourra revenir.
Il est fréquent que le Bangladesh soit touché par des inondations en été. Mais le barrage de Dumboor n’avait pas été ouvert depuis 31 ans, car proche de zones d’habitations particulièrement exposées aux inondations.
De son côté, le gouvernement indien assure que les inondations sont uniquement dues aux fortes pluies.