A la Une de la presse, ce jeudi 16 mai, les réactions à la tentative d’assassinat, hier, du Premier ministre Robert Fico, dont l’état serait à présent stabilisé, selon son gouvernement. La mobilisation, aujourd’hui, en France, des agents pénitentiaires, après l’attaque meurtrière qui a coûté la vie à deux des leurs, mardi. Et une milliardaire australienne mécontente de son portrait.
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A la Une de la presse slovaque, les réactions à la tentative d’assassinat, hier, du Premier ministre Robert Fico, dont l’état serait à présent stabilisé, selon son gouvernement. A la Une, ce matin, de La Pravda, la photo saisissante du Premier ministre s’écroulant dans les bras de ses gardes du corps. Le journal dénonce "une tentative d’assassinat de la démocratie", une manifestation de "la violence aujourd’hui enracinée dans la scène politique mondiale", et appelle la classe politique slovaque à "faire preuve de plus de retenue, au moins dans l’immédiat". "Si l’opposition a pris conscience de la gravité de la situation et s’est abstenue de toute agression verbale, on ne peut pas en dire autant de certains responsables de la coalition", relève La Pravda. Dennik N, habituellement très critique du gouvernement, condamne une tentative d’assassinat "dégoûtante et inacceptable", qui "n’aurait jamais dû se produire" dans une démocratie. Le quotidien condamne aussi "les politiciens qui propagent la haine", et jouent avec le feu, en usant d’une "violence verbale susceptible de dégénérer en violence physique". Dennik N, qui rappelle, également, que ce qui s’est passé hier n’est pas le premier acte de violence contre une personnalité publique, en Slovaquie, après le meurtre du journaliste Ján Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova, en 2018.
Hospodarske Noviny a choisi, lui, une photo de l’assaillant, quelques instants après sa neutralisation, et parle d’un événement montrant à quel point les récentes élections, la présidentielle en avril et les législatives de l’automne dernier, "ont divisé la Slovaquie". Dans une tribune, publiée par le journal italien La Repubblica, l’écrivaine slovaque Svetlana Zuchova, s’alarme de la polarisation extrême de la vie politique dans son pays, où deux camps, celui du Premier ministre et celui de l'opposition, s’affrontent en croyant chacun "protéger les bonnes valeurs face aux "autres"". Svetlana Zuchova veut croire, malgré tout, que "la violence n'est jamais une solution" et que "la démocratie offre des outils puissants pour surmonter la discorde".
Les dirigeants de l'UE ont fermement condamné l'attaque contre Robert Fico. The Daily Mail, tabloïd britannique, évoque des Européens, "tendus et nerveux", après la tentative d’assassinat du Premier ministre slovaque "pro-russe", et leur crainte que Vladimir Poutine ne tente "d’exploiter" cet événement pour "déstabiliser un pays de l’Otan". La Repubblica confirme les inquiétudes de l’Union européenne face à un événement "aux conséquences imprévisibles voire dangereuses, à moins d’un mois des européennes" - une attaque susceptible, selon elle, d’être "exploitée par la propagande russe mais également chinoise", via des campagnes de désinformation. Pour le journal, un épisode de ce genre peut en effet constituer "un carburant parfait pour déstabiliser et briser la confiance des citoyens et des électeurs". De manière plus globale, le journal espagnol El Pais voit dans les récentes attaques contre des hommes politiques européens, celle contre Robert Fico, mais également contre plusieurs élus allemands, l’introduction d’un "germe de la violence" "compliquant encore davantage la résolution des grands défis auxquels l’UE est confrontée, à moyen et long terme".
La violence, contre laquelle se mobilisent, aujourd’hui, en France, les agents pénitentiaires, après l’attaque meurtrière qui a coûté la vie à deux des leurs, mardi. Le journal local Nord Eclair annonce une opération "prison morte" dans toute la France. L’Humanité précise que les syndicats de surveillants dénoncent "un manque d’effectifs et une surpopulation carcérale de plus en plus importante" - des griefs partagés, d’ailleurs, par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, qui alerte sur la "détresse" des surveillants de prison. The Guardian, le quotidien britannique, observe que l’opposition s’est déjà "emparée de cette crise, ainsi que de la question de la violence du narcotrafic", et se demande si ce fait-divers va "intensifier le débat sur l’ordre public en France, à l’approche des européennes". Le journal constate que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, comme Jordan Bardella, le candidat du RN, utilisent "le même vocabulaire dramatique" pour mettre en garde contre "l’ensauvagement" de la société française.
Avant de vous dire à demain, je vous propose d’aller faire un tour en Australie. The Sydney Morning Herald rapporte que la femme la plus riche du pays, Gina Rinehart, demande le retrait d’un portrait de la National Gallery. Pourquoi me demanderez-vous? La réponse est écrite sur le tableau, qui porte l’inscription "Gina". Vous l’aurez compris, il s’agit d’un portrait de Gina Rinehart herself. D’après The Guardian, cette milliardaire climatosceptique à la tête d’une fortune colossale issue de l’industrie minière - fortune estimée par le magazine Forbes à quelque 30 milliards de dollars, estime que ce portrait d’elle-même est assez peu flatteur. Son auteur, Vincent Namatjira, est le premier autochtone à avoir remporté le prix Archibald, un prestigieux prix artistique australien. Pour le reste, je vous laisse juges…
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