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À Paris, des parents adoptants se mobilisent pour les enfants d'Haïti

Près de 300 personnes se sont réunies, ce samedi, à Paris pour appeler à un transfert rapide vers la France de tous les enfants haïtiens en instance d'adoption. Trente-trois d'entre eux sont déjà arrivés dans le pays vendredi.

AFP - Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi dans toute la France pour réclamer le rapatriement au plus vite de tous les enfants en cours d'adoption en Haïti, alors que 76 enfants devraient être évacués "prochainement" vers la France après les 33 arrivés vendredi soir.

Réunis à Paris devant le ministère des Affaires étrangères, environ 300 personnes, essentiellement des parents adoptants, ont installé samedi après-midi des bouteilles d'eau pour dire que les enfants ont "soif", ainsi que des bougies et des photos d'enfants devant les grilles du Quai d'Orsay.

Selon des membres du collectif "SOS Haïti enfants adoptés", reçus au ministère, l'ambassadeur chargé de l'adoption internationale Jean-Claude Monchau leur a indiqué que "76 enfants" supplémentaires "devraient être évacués prochainement".

Le Quai d'Orsay n'a pas démenti ces chiffres. Le gouvernement avait annoncé vendredi "un autre avion dans les prochaines heures", sans précisions.

Au total, "372 familles se prévalent des jugements d'adoption, ce qui concerne 424 enfants" dont les dossiers seront examinés en priorité, a aussi indiqué M. Monchau, selon les parents.

"Pour tous les autres dossiers en cours de procédure, l'Etat français devrait proposer dans les prochains jours à l'Etat haïtien la mise en place d'une solution commune pour permettre une arrivée de plein droit des enfants en France", toujours selon le collectif.

Plus de 900 familles ont déposé un dossier pour demander le rapatriement de leurs enfants.

Pour autant, le collectif de parents a jugé les réponses du gouvernement "insatisfaisantes".

"On ne comprend pas pourquoi le gouvernement nous dit qu'il faut attendre", a expliqué devant le ministère Stéphane Gignat, qui attend son fils de quatre ans, "nous voulons le rapatriement de tous les enfants apparentés" (qui ont déjà des parents adoptifs désignés).

D'autres rassemblements, réunissant entre 100 et 150 personnes, se sont déroulés à Lyon, Lille, Toulouse ou Bordeaux samedi.

Partout, les parents s'inquiètent pour la santé de leurs enfants, dont beaucoup dorment dans la rue depuis le séisme du 12 janvier qui a tué plus de 111.000 personnes et fait 190.000 blessés à Haïti.

Pour Michèle Abergel, une lyonnaise qui attend ses jumeaux de 3 ans, "il y a urgence humanitaire". "Ils ont besoin de médicaments, des antibiotiques", affirme à Paris Paulette Letocart, grand-mère de la petite Rose-Anne, 7 mois.

La voix étranglée par les sanglots, Patricia Durand, qui attend Andy, trois ans, est "en colère": "Si mon fils avait une maman belge ou américaine, il serait déjà ici". Pour elle, la France a "abandonné les enfants".

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À Paris, des parents adoptants se mobilisent pour les enfants d'Haïti

Plusieurs pays ont annoncé qu'ils comptaient rapatrier les enfants adoptés par leurs ressortissants même si les dossiers n'étaient pas entièrement terminés. Un premier groupe d'enfants adoptés par des Canadiens doit arriver au Canada dans le week-end.

Néanmoins, les ONG et l'Unicef ne cessent de mettre en garde contre toute précipitation, craignant des confusions d'identité, des déracinements brutaux mais aussi des enlèvements d'enfants.

Samedi à Port-au-Prince, l'ONU a indiqué que les parents qui veulent adopter des enfants haïtiens ne devraient pas leur faire quitter le pays si leurs documents n'ont pas été signés à la fois par le Premier ministre haïtien et les Nations unies.