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Être ou ne pas être Shakespeare : Mary Sidney, génie derrière le "Barde" ?
Publié le : 29/03/2024 - 14:32

Au Pakistan, les femmes policières sont peu nombreuses mais servent de modèle aux jeunes filles et leur ouvrent des perspectives de carrière, dans un pays très conservateur. Ensuite, une question brûlante d'actualité : William Shakespeare était-iel une femme ? C'est la piste qu’explore Aurore Evain. Spécialiste du matrimoine littéraire, elle s’intéresse au portrait d’une des femme les plus lettrées du XVIe siècle, l’aristocrate Mary Sidney, et enquête pour savoir si elle pourrait être la véritable autrice cachée derrière l’œuvre du "Barde". Enfin, la nageuse paralympique Husnah Kukundakwé représentera l’Ouganda aux JO de Paris cet été.

Qui était vraiment Shakespeare ? De nombreuses personnes se sont penchées sur la question, sans jamais réussir à trancher définitivement. "Le Barde", figure iconique de la littérature britannique, célébré pour son génie, loué pour sa maîtrise de la langue, pouvait-il vraiment être ce fils de gantier de Stratford-sur-Avon qui n’a fréquenté l’école que quelques années ?

Dans son œuvre, les références à des disciplines variées, inaccessibles au commun des mortels – la connaissance de la vie à la cour ou des occupations des jeunes filles de bonne famille – ne cadre pas vraiment. Intriguée, Aurore Evain a enquêté et publié son travail dans "Mary Sidney alias Shakespeare" (Éd. Talents Hauts). Elle y reprend la thèse développée par l’Américaine Robin Patricia Williams qui suggérait que, peut-être, une femme pouvait se cacher dans l’ombre du génie.

Cette femme, ce pourrait donc être Mary Sidney, épouse de William Herbert et comtesse de Pembroke, l’une des femmes les plus érudites du XVIe siècle. Contemporaine de Shakespeare, elle a été éduquée aux arts et sciences que l’homme de théâtre n’a que fort peu de chance d’avoir pu étudier. Elle a aussi accès à une vaste bibliothèque et connaît les usages de la cour… mais a le grave défaut d’être une femme à une époque où il est impensable qu’elles publient – à l’exception de traductions ou d’œuvres religieuses ou morales.

Signer des pièces de théâtre aurait été plus qu’inconvenant : ç’aurait été prendre le risque de la disgrâce. William Shakespeare aurait-il pu lui servir de prête-nom pour publier ses œuvres ? Pour Aurore Evain, c’est une sérieuse possibilité. Avec cette idée en tête, elle a relu les œuvres du Barde et redécouvert ses personnages féminins, des femmes fortes, dotées de bon sens et qui prennent le relais d’hommes finalement plein de défauts.

"Mary Sidney alias Shakespeare" d’Aurore Evain, éditions Talents Hauts