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Irak : trois morts, dont deux chefs des Brigades du Hezbollah, dans une frappe de drone à Bagdad
Trois personnes, dont deux dirigeants d'un groupe armé irakien, ont été tuées mercredi par une frappe de drone ayant visé un véhicule dans l'est de la capitale Bagdad. L'armée américaine affirme avoir mené la frappe en représailles aux attaques contre ses forces dans la région.

Deux commandants des Brigades du Hezbollah, influent groupe armé irakien pro-Iran, et leur chauffeur ont été tués mercredi 7 février en Irak dans une frappe de drone visant leur véhicule dans la capitale Bagdad, une attaque intervenant dans un contexte régional explosif.

La frappe de drone intervient alors que Washington s'est engagé à poursuivre les représailles contre les groupes armés pro-Iran, après une attaque de drone le 28 janvier ayant tué trois soldats américains en plein désert jordanien, à la frontière syrienne.

USCENTCOM Conducts Strike Killing Kata’ib Hezbollah Senior Leader

At 9:30 p.m. February 7, U.S. Central Command (CENTCOM) forces conducted a unilateral strike in Iraq in response to the attacks on U.S. service members, killing a Kata’ib Hezbollah commander responsible for… pic.twitter.com/JW7Zy8QV7E

— U.S. Central Command (@CENTCOM) February 7, 2024

Abou Baqir al-Saadi, un commandant des Brigades du Hezbollah – Kataëb Hezbollah en arabe –, a été tué dans la frappe, a indiqué à l'AFP un responsable de cette influente faction, sous couvert de l'anonymat, précisant que ce chef était chargé du "dossier militaire" en Syrie.

Au total, trois personnes, "deux chefs" des Brigades du Hezbollah et leur chauffeur, ont péri dans l'attaque contre le véhicule, a indiqué à l'AFP un responsable au ministère de l'Intérieur, s'exprimant lui aussi sous anonymat.

"Un drone a tiré trois roquettes contre une voiture 4x4" dans le quartier de Machtal dans l'est de Bagdad, avait précisé ce responsable à l'AFP.

De son côté, l'armée américaine affirme avoir mené la frappe en représailles aux attaques contre ses forces dans la région et indique avoir tué un commandant des Brigades du Hezbollah.

Un photographe de l'AFP dans le quartier a pu voir un important déploiement sécuritaire bloquant tout accès au site de la frappe. En soirée, la carcasse de la voiture, qui n'était plus qu'un amas de tôle carbonisée, avait été retirée.

Il y a près d'une semaine, les États-Unis ont déjà mené des frappes en Syrie et en Irak contre des cibles des forces d'élite iraniennes et des groupes armés pro-Iran, en représailles à l'attaque de drone en Jordanie.

"Empreinte des Brigades"

Depuis des semaines, le gouvernement irakien n'arrive pas à s'extirper des tensions régionales, malgré les intenses efforts diplomatiques avec ses partenaires américain et iranien notamment.

Plus de 165 attaques depuis la mi-octobre ont visé les soldats américains et leurs partenaires de la coalition internationale antijihadiste en Irak et en Syrie, des violences attisées par la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas palestinien.

La plupart de ces frappes de drones et tirs de roquettes ont été revendiqués par une nébuleuse de groupes armés pro-iraniens appelée "Résistance islamique en Irak".

Les Brigades du Hezbollah sont considérées comme étant le fer de lance de ce regroupement, qui met en avant sa solidarité avec Gaza et réclame le départ d'Irak des troupes américaines.

Classées groupe "terroriste" par Washington et visées par des sanctions, les Brigades du Hezbollah ont déjà été visées ces dernières semaines par des frappes américaines en Irak.

Confrontées à la menace d'une riposte américaine après l'attaque en Jordanie, le groupe a annoncé fin janvier la "suspension" de ses attaques contre les forces américaines, tout en appelant ses combattants à "pratiquer une défense passive en cas d'action américaine hostile à leur encontre".

Des responsables à Washington ont déjà assuré que l'attaque de drone en Jordanie portait "l'empreinte des Brigades du Hezbollah".

Les derniers bombardements américains menés il y a près d'une semaine en Irak, dans des zones à la frontière avec la Syrie, ont tué 16 combattants du Hachd al-Chaabi, coalition d'anciens paramilitaires pro-Iran intégrée à l'appareil sécuritaire de l'État irakien et qui regroupe les factions armées pro-Iran.

Avec AFP