Au sixième jour de la 28e conférence de l'ONU sur le changement climatique (COP28) à Dubaï, une soixantaine de pays, dont les États-Unis, le Canada et le Kenya, se sont engagés à réduire d’ici 2050 leurs émissions liées aux technologies de refroidissement. En parallèle, le Groupe de coordination arabe (ACG) a annoncé qu'il allouerait un peu plus de neuf milliards d'euros pour soutenir la transition énergétique jusqu'en 2030.
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63 pays s'engagent à limiter leurs émissions du secteur du refroidissement
Les États-Unis, le Canada et le Kenya font partie des 63 pays qui se sont engagés à réduire considérablement leurs émissions liées aux technologies de refroidissement, qui comprend la réfrigération des aliments et des médicaments ainsi que la climatisation.
Le Global Cooling Pledge marque la première initiative collective au monde visant à réduire d’ici 2050 leurs émissions liées au refroidissement d’au moins 68 % par rapport aux niveaux de 2022. Le plan énumère également une série d’autres objectifs, dont l’établissement de normes minimales de performance énergétique d’ici 2030.
"Nous voulons tracer une voie pour réduire les émissions liées au refroidissement dans tous les secteurs, (tout en augmentant) l'accès à un refroidissement durable", a déclaré l'envoyé américain pour le climat, John Kerry, durant la COP28.
Quelque 1,2 milliard de personnes ayant besoin de technologies de refroidissement n’y ont toujours pas accès. La capacité installée devrait tripler d’ici le milieu du siècle, sous l’effet de la hausse des températures, de la croissance démographique et de l’augmentation des revenus.
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Le Groupe de coordination arabe alloue près de dix milliards d'euros pour soutenir la transition énergétique
Le Groupe de coordination arabe (ACG) a déclaré en marge de la COP28 qu'il allouerait dix milliards de dollars (environ 9,3 milliards d'euros) pour soutenir la transition énergétique jusqu'en 2030, a indiqué l'agence de presse nationale des Émirats arabes unis (WAM).
Le financement de l'ACG, une alliance comprenant des institutions de développement régionales et internationales, est destiné à "conduire une transition complète et abordable vers les énergies renouvelables dans les pays en développement", a ajouté WAM.
Arab Coordination Group allocates US$10 billion to support energy transition on sidelines of #COP28#WamNews https://t.co/GnAGhJSdLL pic.twitter.com/Ni8T2Z1Iyh
— WAM English (@WAMNEWS_ENG) December 5, 2023-
La secrétaire générale d'Amnesty évoque un "environnement répressif" aux Émirats
Les restrictions sur les libertés aux Émirats arabes unis compliquent l'approbation par l'ONU d'un événement organisé par Amnesty International dans le contexte de la COP28 pour réclamer la libération des prisonniers politiques émiratis, a déploré mardi la secrétaire générale de l'ONG.
S'exprimant en marge des travaux de la conférence de l'ONU sur le climat, Agnès Callamard a évoqué des obstacles entravant les actions des militants au sein de la Zone bleue gérée par l'ONU sur le site de la COP.
"L'ONU essaie de trouver des moyens pour que nous puissions mener nos actions (...) mais l'environnement rend les choses beaucoup plus compliquées", a-t-elle souligné devant les journalistes sur le site de la COP28, évoquant une "quantité d'obstacles qui reflète une interprétation des règles de l'ONU fortement influencée par l'environnement des Émirats arabes unis dans lequel nous opérons".
Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) accusent les Émirats de détenir au moins 64 de leurs ressortissants pour des raisons politiques, notamment Ahmed Mansoor, surnommé "le dernier défenseur des droits de l'Homme" des Émirats.
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Les lobbys omniprésents malgré les critiques
Les ONG ont dénoncé le nombre record de lobbyistes des énergies fossiles à la COP28, sans les dissuader de parcourir les pavillons pour vanter leur rôle dans une "transition juste".
La participation sans précédent des représentants du pétrole, du gaz et du charbon – plus de 2 400 personnes selon le décompte d'ONG – est proportionnelle à l'effort de l'industrie pour contrer les appels à sortir des énergies fossiles en s'affichant comme des partenaires de la transition énergétique.
De nombreuses ONG étaient déjà scandalisées que le président de la COP28, Sultan Ahmed al-Jaber, soit également patron de la compagnie pétrolière émiratie, Adnoc.
Avec AFP et Reuters
