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Les dangers de la maternité aux États-Unis : la Louisiane dans le cyclone des décès maternels
Publié le : 01/12/2023 - 17:55

Les États-Unis détiennent le record du pays riche ayant le plus haut taux de mortalité maternelle, avec 33 décès pour 100 000 naissances en 2021. Pour les femmes noires des États les plus pauvres, cette proportion peut même quadrupler. À Taïwan, à quelques semaines de l’élection présidentielle, la vague #MeToo s’impose dans la campagne. Enfin, Nina Métayer est la première femme nommée meilleure pâtissière au monde. Elle raconte comment elle s’est imposée dans ce milieu volontiers machiste.

Aux États-Unis, la mortalité maternelle gagne du terrain depuis plusieurs années. En 2018, le pays a enregistré 658 décès de femmes durant leur grossesse ou les 42 jours suivant leur accouchement. En 2020, ce chiffre était passé à 861 et a atteint 1 178 décès en 2021.

Au niveau fédéral, cela représente en moyenne 23,8 femmes décédées sur le territoire des États-Unis pour 100 000 naissances, quand les Pays-Bas, meilleur élève de la planète, comptent 1,2 décès et la France, 7,6. Les États-Unis détiennent non seulement le record du plus haut TMM (taux de mortalité maternelle) des pays développés, mais il enregistre aussi des disparités choquantes entre les différentes communautés.

Les femmes hispaniques s’en tirent le mieux, avec "seulement" 18,2 décès ; les caucasiennes les talonnent avec 19,1 décès, alors que les Afro-Américaines sont les grandes perdantes, avec une moyenne de 55,3 femmes mortes pour 100 000 naissances vivantes.

En mai 2023, la sprinteuse noire américaine Tori Bowie est décédée d’une pré-éclampsie à huit mois de grossesse, et quelques années plus tôt, c’est la championne de tennis Serena Williams qui a bien failli perdre la vie à la naissance de sa fille, Alexis Olympia. Ces histoires concernent des célébrités mais la proportion des décès maternels augmente encore d’un cran dans les États les plus pauvres, comme la Louisiane.

Ces chiffres consternants s’expliquent notamment par le système de santé américain, largement aux mains du secteur privé et souvent inaccessible aux plus pauvres, et par des assurances privées aux conditions d’application restrictives. Le système Medicaid, qui fournit une couverture médicale minimale aux plus vulnérables, n'est pas toujours suffisant. En 2021, près de 8 millions de femmes en âge de procréer ne disposaient d'aucune couverture médicale aux États-Unis.

À cette situation s’ajoute le renversement de l’arrêt Roe contre Wade, en juin 2022, qui a encore ajouté à la confusion en rendant chaque État libre de définir sa propre politique relative à l’avortement. Ce faisant, des zones grises sont apparues selon les États, parfois accompagnées de peines de prison sévères pour les docteur·es qui outrepasseraient les limites locales du droit à l’IVG. Beaucoup de femmes se retrouvent laissées-pour-compte, alors que le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) estime que 84 % des décès maternels pourraient être évités.

Le 13 janvier 2024, la population taïwanaise se rendra aux urnes pour choisir la personne qui prendra la succession de la présidente Tsai Ing-wen. Depuis mai 2023 et la révélation de plusieurs scandales de viols et d’agressions sexuelles, le mouvement MeToo s'est invité dans la campagne. Désormais, les candidat·es à la présidentielle se doivent de prendre cette dimension en compte.

Enfin, la meilleure pâtissière au monde est française et, pour la première fois depuis la création de ce titre, c’est une femme. Pour se faire une place devant les fourneaux et entrer au Panthéon de la haute cuisine, Nina Métayer a dû sortir le fouet et s’imposer dans un monde encore très largement trusté par les hommes.