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A la Une de la presse, ce jeudi 9 mars, les réactions à la proposition d’Emmanuel Macron d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution. Des révélations sur la façon dont le régime syrien oblige les ONG et l’ONU à accepter ses exigences, pour pouvoir venir en aide aux populations touchées par la guerre et les séismes. Les critiques croissantes, en RDC, contre la mission de l’ONU sur place. Et une découverte scientifique sur les souris et les hommes.

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Dans la presse française, ce matin, les réactions à la proposition d’Emmanuel Macron d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et d’un hommage national, hier, à l’avocate féministe Gisèle Halimi, combattante acharnée de la légalisation de l’avortement, le président a promis une loi pour inscrire l’IVG comme une "liberté" protégée par la Constitution. Une proposition "bien accueillie", d’après Libération, qui voit aussi dans ce projet "un bon moyen pour l’Élysée de détourner l’attention de la grogne sociale contre la réforme des retraites".  Ce sentiment est partagé par Le Figaro, qui parle de "diversion sociétale" et balaie l’argument du recul du droit à l’avortement aux États-Unis. Pour le journal, le droit à L’IVG n’est "nullement menacé" en France et invoquer un "syndrome américain fantasmé depuis la décision de la Cour suprême", revient à "légiférer sur l’improbable".

Les États-Unis, où l’une des plus importantes chaînes de pharmacies a annoncé sa décision de ne plus vendre de pilules abortives dans 21 États. The Washington Post précise que la plupart des États concernés sont ceux où les possibilités d'interrompre une grossesse ont été restreintes, mais que la décision de la chaîne Walgreens concerne aussi d’autres États comme le Kansas, l'Iowa, le Montana et l'Alaska, où l'avortement reste légal. Elle provoque, en tout cas, la colère des défenseurs du droit à l’avortement, qui appellent au boycott du géant de la pharmacie. Parmi les détracteurs de Walgreens, le journal suisse Le Temps cite Gavin Newsom, le gouverneur de Californie – qui n’est pas concernée par cette décision. Ce dernier a déclaré que son État "ne fera plus de business avec Walgreens ou toute autre compagnie qui se plie aux extrémistes et met en danger la santé des femmes". Une menace dont l’impact sur les marchés a été immédiat, faisant perdre près de 2% de sa valeur à l’action Walgreens.

Dans la presse, également, le dilemme des humanitaires en Syrie, où l'ONU et d'autres ONG sont contraints aux compromis avec le régime, pour venir en aide aux victimes de la guerre et des séismes. The Financial Times, qui a interrogé des personnels de l’ONU et d’autres ONG, raconte les états d’âme de ces humanitaires face à l’instrumentalisation de leur intervention par le régime de Bachar el-Assad. Des témoignages étayés par plusieurs documents, notamment des documents publiés en 2016, faisant état de l’embauche, par l’ONU, de plusieurs proches de hauts responsables du régime. Le journal cite notamment une fille de Hussam Louka, le patron du renseignement syrien - un personnage sanctionné par les États-Unis, l'UE et le Royaume-Uni pour violations des droits de l'Homme. D’après le quotidien britannique, cette jeune femme, qui a travaillé auparavant au Comité international de la Croix-Rouge , est employée actuellement au bureau du CERF de l'ONU à Damas, un organisme dont la mission est de répondre rapidement aux catastrophes naturelles et aux conflits armés. The Financial Times rapporte également que l'ONU est contraint de payer "des millions de dollars", 11,5 millions en 2022, plus de 81,5 millions de dollars, au total, depuis 2014, pour loger son personnel à l'hôtel Four Seasons de Damas, propriété de l'homme d'affaires Samer Foz, lui aussi sanctionné par les États-Unis en 2019 pour ses liens financiers avec Bachar el-Assad.

L’ONU, dont la mission en RDC, la Monusco, est accusée de faillir à sa mission de protéger les civils. Alors qu’une délégation du Conseil de Sécurité est attendue à partir d’aujourd’hui dans le pays, Libération s’est notamment rendu près de la ville de Goma, la capitale du Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda. Une région où l es Casques bleus ne sortent plus de leurs bases et où "la colère de la population empêche les soldats de patrouiller", sous peine de se faire caillasser. C’est là que le journal a rencontré une déplacée par les combats entre l’armée congolaise et le groupe armé M-23, qui accuse carrément la Monusco d’avoir "amené la guerre". Le journal revient sur la position du gouvernement congolais, qui exige que la mission quitte le pays fin 2023/ début 2024, c’est-à-dire après l’élection présidentielle. Une décision accueillie "à bras ouverts" par Christian Utheki. Cet avocat et défenseur des droits humains prédit que le départ des Casques bleus permettra de jeter l’opprobre non plus sur la Monusco, mais sur le gouvernement, en cas de poursuite ou d’aggravation des violences. "Si la Monusco part, le gouvernement ne pourra plus se cacher, dit-il. Nous pensons d’ailleurs que ce serait bien qu’elle parte, ça prouverait que le gouvernement ne réussit pas (assurer) la sécurisation du pays".

On ne se quitte pas là-dessus. Avant de vous dire à demain, je vous invite à jeter un œil au Times, qui rapporte qu’un chercheur japonais annonce avoir réussi à fabriquer des ovocytes, des cellules reproductrices féminines, à partir de cellules de deux souris mâles . Autrement dit, à créer des souris en bonne santé, issues de deux pères. Cette "avancée" "pourrait permettre, à l’avenir, aux couples homosexuels masculins d’avoir des enfants liés biologiquement à leurs deux parents", d’après le journal, qui précise néanmoins que cette découverte est encore "très très éloignée de l'application humaine", à la fois sur le plan technologique et bien sûr, éthique.

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