
Les Nigérians ont commencé à voter samedi pour élire le prochain président du pays le plus peuplé d'Afrique, lors d'un scrutin à l'issue incertaine, sur fond de grave crise économique et sécuritaire.
Plus de 87 millions d'électeurs nigérians répartis dans 176 000 bureaux de vote sont appelés, samedi 25 février, à choisir un président parmi 18 candidats, ainsi que des députés et sénateurs. Le Nigeria – 216 millions d'habitants – devrait devenir en 2050 le troisième pays le plus peuplé au monde, tandis que l'Afrique de l'Ouest est menacée par un fort recul démocratique et la propagation de violences jihadistes.
À 80 ans, le président Muhammadu Buhari se retire – comme le veut la Constitution – après deux mandats marqués par une envolée de l'insécurité et de la pauvreté dans ce pays où 60 % de la population a moins de 25 ans.
Un ou deux tours ?
Pour la première fois depuis le retour à la démocratie en 1999, le Nigeria pourrait connaître une présidentielle à deux tours alors que la popularité d'un ex-gouverneur vient bousculer la prédominance des deux principaux partis.
Le futur président héritera d'une myriade de problèmes : des violences criminelles et jihadistes dans le Nord et le centre, une agitation séparatiste dans le Sud-Est, une inflation galopante, un appauvrissement généralisé. Pour ne rien arranger, de récentes pénuries d'essence et de billets de banque ont provoqué des émeutes.
"Le pays va mal"
Tairu Aramide, une cuisinière de 57 ans, attend depuis 7 h du matin, assise sur un trottoir d'Ikoyi, à Lagos. "Le pays va mal, nous avons besoin de changement, d'écoles pour nos enfants, de lumières dans nos rues et de pouvoir manger à notre faim", dit-elle.
À Yaba, un autre quartier de la capitale économique, Suleiman Isa, 29 ans, affirme qu'il ne votera pas. Il a bien une carte électorale mais, originaire de Sokoto dans le nord du pays, il n'a pas pu voyager à cause de la pénurie de liquidités. "C'était important pour moi de voter", se désole-t-il en racontant l'insécurité qui ravage sa région, les kidnappings et les attaques quotidiennes.
Parmi les candidats en lice, trois se démarquent : Bola Ahmed Tinubu, candidat du parti au pouvoir (APC), Atiku Abubakar, du principal parti d'opposition (PDP), et Peter Obi, soutenu par le Parti travailliste.
Les résultats doivent être annoncés dans les 14 jours suivant le scrutin.
Avec AFP
