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De nouvelles sanctions contre l'Iran ont été adoptées, lundi, par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, a déclaré la présidence suédoise de l'UE.

L'Union européenne a sanctionné lundi plusieurs responsables des Gardiens de la Révolution islamique pour violations des droits de l'homme, mais n'est pas en mesure à ce stade de placer l'armée idéologique de l'Iran sur la liste des organisations terroristes.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union ont ajouté 37 personnes ou entités iraniennes impliquées dans la répression des manifestations sur la liste de leurs sanctions pour violation des droits humains.

Quatre commandants des Gardiens de la Révolution et douze unités militaires des IRGC figurent sur cette liste publiée au Journal officiel de l'UE.

Les Européens ont également sanctionné le ministre iranien des Sports et de la jeunesse Seyed Hamid Sajjadi Hazaveh pour "les pressions exercées sur les athlètes". Quatre députés et deux directeurs de la radio-télévision iranienne sont également au nombres des personnalités sanctionnées.

Mais le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a affirmé que les 27 ne pouvaient décider, à ce stade, de placer les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, sur leur liste noire. "C'est quelque chose qui ne peut être décidé sans un tribunal. Une décision de justice est nécessaire", a expliqué Josep Borrell. "Vous ne pouvez pas dire : 'Je te considère comme un terroriste parce que je ne t'aime pas.' Cela doit être fait lorsqu'un tribunal d'un État membre émet une déclaration juridique, une condamnation concrète", a-t-il martelé.

Téhéran a multiplié les mises en garde aux Européens depuis que les eurodéputés ont adopté jeudi une résolution invitant l'UE à inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste des "organisations terroristes" de l'UE.

Dénonciation de la "politique d'otages d'État"

L'Union européenne a déjà imposé le gel des avoirs et l'interdiction de visa à plus de 60 responsables et entités iraniens en raison de la répression des manifestations.

La France a dénoncé de son côté "la politique d'otages d'État" pratiquée par les autorités iraniennes avec la détention de nombreux citoyens européens. "Il est temps que nous réfléchissions en Européens aux réponses à apporter" à cette situation, a affirmé la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

"De plus en plus de citoyens européens sont détenus et cette situation est totalement inacceptable", a dénoncé en écho son homologue belge, Hadja Lahbib. "Il est important que nous adressions à 27 un message clair et ferme aux autorités iraniennes."

Avec Reuters et AFP