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Référendum symbolique sur l'indépendance de la Catalogne

Organisé dans 170 communes de Catalogne, le scrutin - purement symbolique - se déroule à l'initiative d'associations favorables à l'autodétermination de la province. Un vote de même nature est prévu en avril prochain à Barcelone.

AFP - Un référendum symbolique sur "l'indépendance de la Catalogne" est organisé dimanche par des associations favorables à l'autodétermination dans 170 communes catalanes, en plein débat sur le degré d'autonomie à accorder à cette riche région espagnole.

Cette consultation privée vise à susciter le "débat sur les relations entre la Catalogne et l'Espagne", ont expliqué les organisateurs.

Environ 700.000 Catalans - sur une population total de 7,5 millions-- sont invités à voter oui ou non à la question : "Etes-vous favorable à ce que la Catalogne soit une Etat souverain, social et démocratique, intégré dans l'Union européenne ?"

Les résidents, y compris immigrés, de plus 16 ans pourront participer à la votation qui se déroulera le plus souvent dans des locaux associatifs, sans aide aucune des administrations locales car la Constitution espagnole ne permet pas qu'elles organisent ce type de consultations.

Ce référendum fait suite au vote massif en septembre, en faveur de l'indépendance lors d'une consultation identique dans la petite ville catalane d'Arenys de Munt.

Des référendums de même type dans de nouvelles communes sont prévus en 2010, les 28 février et 25 avril, avec pour cette dernière date un vote possible à Barcelone.

Le pouvoir socialiste espagnol observe une relative neutralité face à l'initiative. Ces consultations "ne sont pas illégales, mais juridiquement sans importance et dénuées de toute valeur", a estimé le ministre espagnol de la Justice, Francisco Caamaño.

Le président de la région catalane, le socialiste José Montilla, qui gouverne avec l'appui d'indépendantistes et nationalistes de gauche, a reconnu qu'il n'avait "rien à objecter" face à l'initiative mais a critiqué le caractère biaisée d'une consultation où les organisateurs sont les mêmes que ceux qui font campagne pour le "oui".

Le principal parti nationaliste catalan, CiU, a eu une attitude également ambiguë. Son président, Artur Mas est favorable au "oui", mais juge qu'un référendum dans toute la Catalogne serait une "erreur" car, d'après des études, le non l'emporterait, ce qui "mettrait en valeur le fait que la Catalogne veut simplement être espagnole", déclarait-il fin novembre au quotidien El Pais.

La consultation intervient en plein débat, politique et constitutionnel, sur le degré d'autonomie à accorder à cette région, la plus industrialisée d'Espagne, concentrant 25% du PIB, et où la langue catalane est officielle tout comme l'espagnol.

La volonté prêtée au Tribunal constitutionnel espagnol de gommer une partie du statut d'autonomie élargie concédée en 2006 par le pouvoir socialiste espagnol, en particulier l'appellation symbolique de "nation", a provoqué une levée de boucliers en Catalogne.

La presse catalane a fait bloc en publiant fin novembre un même éditorial, pour mettre en garde contre toute remise en cause de ce statut.

Les juges du Tribunal constitutionnel, qui se penchent depuis trois ans sur un recours présenté par la droite espagnole, sont très divisés mais jugeraient en majorité comme contraire à la loi fondamentale la définition de la Catalogne comme "nation" dans le préambule du texte.

Le camp catalan craint aussi que le Tribunal n'annule une disposition hautement symbolique: l'obligation pour toute personne vivant en Catalogne de maîtriser le catalan.

Un tel scénario remettrait en question "les relations entre la Catalogne et l'Espagne, c'est-à-dire la viabilité d'un projet politique commun avec l'Espagne et met sur le tapis la pertinence de la création d'un Etat catalan", ont expliqué les organisateurs du référendum.