
Depuis lundi, la communauté internationale se concerte pour lutter contre un péril écologique majeur : réunie à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la COP15 s'est donnée deux semaines pour apporter des solutions à la galopante dégradation des sols sur l'ensemble de la planète. La douzaine de chefs d'État présents entend trouver des solutions concrètes. Mais la hausse de la démographie mondiale, couplée à des décennies d'inaction environnementale, laisse peu de place à l'optimisme.
Pendant deux semaines, Abidjan se fait capitale mondiale de la lutte contre la désertification : depuis lundi 9 mai, une douzaine de chefs d’État, dont neuf africains, sont réunis dans la capitale ivoirienne à l'occasion de la COP15.
Ce grand rassemblement écologique est moins connu que celui consacré au climat mais porte sur un péril non moins menaçant : la 15e Conférence des parties (COP) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) entend freiner l’avancée du désert, la déforestation, l’appauvrissement des terres arables ou les pollutions des sols.
D'autres responsables politiques, dont le président français Emmanuel Macron et la présidente de la Comission européenne Ursula von der Leyen, participeront au sommet par visioconférence. Au total, 196 États ont la tâche de négocier des objectifs communs, à mettre en place au cours des dix prochaines années.
"Un contexte d'urgence"
Dès l'ouverture lundi matin, Alassane Ouattara a exprimé de vives inquiétudes : "Notre sommet se tient dans un contexte d'urgence climatique". Le président ivoirien a rappelé que la dégradation des sols affecte 52 % des terres agricoles et menace 2,6 milliards de personnes. Et la cadence de cette détérioration s'accentue : selon l'ONU, 12 millions d’hectares de terres sont chaque année perdus – une superficie équivalente à celle du Bénin ou de la Belgique.
Face à cette urgence, le président du pays hôte de la COP15 promet de faire de la Côte d'Ivoire "le laboratoire d’une nouvelle stratégie de restauration des terres dégradées". Parmi les projets sur la table : la Grande Muraille verte, projet pharaonique qui vise à restaurer cent millions d'hectares de terres arides en Afrique d'ici 2030.
Mais est-ce assez ? Comment accroître les rendements sans appauvrir les sols ou détruire des forêts dans un contexte mondial de croissance démographique ?
"La lutte harassante de l'Afrique contre la sécheresse et ses conséquences a donné lieu à une multitude de stratégies. À la vérité, toutes ces stratégies et toutes ces conférences n'ont pas atteint les résultats attendus", a déploré lundi le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.
Il n'y aurait là rien de surprenant, selon de nombreux militants écologistes : les COP et autres sommets officiels ne seraient que des "foires" où les multinationales ne font "qu'acheter des permis de polluer".
"Agissons, avant qu'il ne soit trop tard" : c'est le message universel dessiné ici avec humour (noir) par Philippe Becquelin, alias Mix & Remix, décédé en 2016. Les œuvres de cet artiste diplômé de l’École cantonale d’art de Lausanne ont été publiées dans des titres comme Matin Dimanche ou Courrier international.
Avec AFP
Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs engagés à promouvoir, par l'universalité du dessin de presse, la liberté d'expression, les droits de l'Homme et le respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances.