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À la une de la presse, ce lundi 21 février, des révélations sur le Crédit suisse, accusé d’avoir hébergé secrètement des dizaines de milliards d’euros, dont une partie pour le compte de clients sulfureux. Les efforts diplomatiques intenses de ces dernières heures pour empêcher la guerre en Ukraine. Et la reine Elizabeth II testée positive au Covid-19, alors que Boris Johnson doit annoncer la levée des dernières restrictions sanitaires.

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À la une de la presse, des révélations sur le Crédit suisse, accusé d’avoir hébergé secrètement près de 100 milliards d’euros, dont une partie pour le compte de clients sulfureux.

"Jusqu'à présent, les comptes bancaires suisses étaient un secret bien gardé derrière des murs épais, mais (grâce à une source anonyme) nous sommes en mesure de montrer comment des dictateurs et des criminels ont caché leur argent", annonce le Süddeutsche Zeitung. Selon le journal allemand, le lanceur d’alerte à l’origine de ces révélations, affirme que son objectif est de dénoncer le secret bancaire suisse, présenté comme une "feuille de vigne" destinée à masquer "la collaboration des banques suisses avec des fraudeurs fiscaux". The Guardian parle de clients "impliqués dans des affaires de torture, de trafic de drogue, de blanchiment d’argent, et d’autres crimes graves", notamment "d'un trafiquant d'êtres humains aux Philippines, d'un patron de la bourse de Hong Kong emprisonné pour corruption, de cadres accusés d’avoir pillé la compagnie pétrolière d'État vénézuélienne ou encore des politiciens corrompus, de l'Égypte à l'Ukraine".

Guardian front page, Monday 21 February 2022: Last-ditch talks as fears of Ukraine war intensify pic.twitter.com/SwBW1FTMMV

— The Guardian (@guardian) February 20, 2022

Le Crédit suisse "rejette fermement" ces accusations, qu'il qualifie "d’allégations" et "d'insinuations". Mais au-delà du cas de cet établissement, Le Monde s’inquiète de ce que le sacro-saint article 47 de la loi bancaire suisse ait été non seulement renforcé en 2014, pour punir sévèrement toute personne transmettant des informations bancaires confidentielles à un tiers - ce qui peut être passible de 5 ans d’emprisonnement, mais également que cet article ait été élargi à d’autres acteurs que les banquiers, menaçant également les lanceurs d’alerte et les journalistes. Ce qui veut dire que le risque de poursuites pèse à la fois sur le lanceur d’alerte qui a divulgué ces informations, sur le Süddeutsche Zeitung, mais aussi sur tous les journaux avec lesquels il a partagé ces informations.

Le Monde note qu’"à ce jour, cette loi n’a jamais été utilisée contre des professionnels de l’information", mais qu’elle fait tout de même "peser une lourde menace, en particulier pour les journalistes suisses», ce qui expliquerait d’ailleurs pourquoi aucun média suisse n’a été associé à cette enquête. "Depuis (2014), les journalistes risquent une condamnation s’ils écrivent sur des données bancaires volées. Pour cette raison, notre journal a dû renoncer à enquêter sur les clients de Crédit suisse", regrette La Tribune de Genève - où le dessin de Schaad montre la Suisse bâillonnant ses journalistes, pour la plus grande satisfaction des criminels du monde entier.

À la une également, l’intensification des efforts diplomatiques, ces dernières heures, pour empêcher la guerre en Ukraine. À l'issue d’une course diplomatique effrénée, Emmanuel a obtenu, hier, de Joe Biden et Vladimir Poutine la tenue d’un sommet sur la situation en Ukraine - un sommet qui ne pourra avoir lieu "que si la Russie n’envahit pas l’Ukraine", selon L'Élysée, cité par Courrier International. Le magazine cite également The Guardian, qui note que le président français "n’a pas ménagé ses efforts pour convaincre ses homologues". Selon le quotidien britannique, "cette lueur diplomatique" suggère que Vladimir Poutine pourrait être "disposé à ne pas franchir le pas d’une invasion complète de l'Ukraine, afin de permettre de nouvelles discussions', et que 'si ce n’est pas le cas, alors il serait engagé dans une tromperie très sophistiquée des Français'.

Tromperie ou non ? Le quotidien russe Nezavisimaya Gazeta émet l’hypothèse, en tout cas, que "le temps des branches d’olivier pourrait être terminé". Et flambée de violences dans l'est de l'Ukraine serait à l’origine de la décision, annoncée par The Financial Times, de la Biélorussie et de la Russie, de poursuivre leurs exercices militaires conjoints, supposés s’achever hier.

La crise en Ukraine est largement évoquée, ce matin, par les dessinateurs de presse outre-Manche. Nicola Jennings, pour The Guardian, montre Emmanuel Macron juché sur Olaf Scholz, lui-même soutenu par Joe Biden, qui piétine Boris Johnson, tentant de stopper le char de Vladimir Poutine, avec le drapeau de l’Otan - sous l’œil du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le président Poutine, qu’on retrouve dans le dessin de Brian Adcock, pour The Guardian, toujours, promettant qu’il n’a pas d’arrière-pensées. Mais la poupée russe cache à l’intérieur d’elle-même le monstre de la guerre.

Les dessinateurs de presse britannique reviennent aussi ce matin sur une actualité nettement moins dramatique, quoique. La reine Elizabeth II a été testée positive au Covid-19. Heureusement pour elle, ses symptômes sont légers, selon Buckingham Palace. Mais la nouvelle tombe mal pour Boris Johnson, ironise Morten Morland pour The Times, puisque le Premier ministre doit dévoiler aujourd’hui-même sa stratégie pour "vivre avec le Covid", malgré les nombreuses critiques sur cette fin peut-être prématurée des dernières restrictions sanitaires. "On a vaincu le Covid", clame Downing Street. "Quoi, la Reine ?", s'étrangle Boris Johnson, alors qu’un conseiller l’informe de la positivité de Sa Majesté.

Today’s ⁦@thetimes⁩ cartoon https://t.co/RLirsRzhQg pic.twitter.com/NTqoUbEi4j

— Morten Morland (@mortenmorland) February 21, 2022

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