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Le gendarme de la Bourse entend les auteurs présumés de délits d'initiés à EADS

L'Autorité des marchés financiers (AMF) auditionne cette semaine d'ex- ou actuels dirigeants du groupe aéronautique et de ses actionnaires. Ils sont accusés d'avoir vendus leurs actions, sachant que leur cours allait baisser.

Il s’agit de l’une des histoires les plus retentissantes qu’ait eu à traiter l’Autorité des marchés financiers (AMF) depuis sa création, en 2003. Après trois années d’enquête, le gendarme de la Bourse auditionne à huis clos, à partir de ce lundi, les auteurs présumés d’un vaste délit d’initié au sein d’EADS.

Dix-sept ex- ou actuels dirigeants du leader européen de l'aéronautique et de l'espace, des représentants des groupes allemand DaimlerChrysler et français Lagardère - les deux principaux actionnaires d'EADS - sont soupçonnés d’avoir profité d’informations confidentielles pour vendre leurs actions lorsque leur cours était au plus haut.

Parmi eux, Noël Forgeard. l'ex-coprésident du groupe est accusé d'avoir réalisé près de quatre millions d’euros de plus-values en vendant ses stock-options en mars 2006, juste avant que l’action EADS ne dévisse à la suite de l’annonce de retards dans les livraisons de l’A380, de la révision du projet de long-courrier A350 et de perspectives financières plus mauvaises que prévu. À la veille du début des auditions, Forgeard s’est toutefois déclaré "serein", assurant que ses avocats possèdent "tous les éléments qui démontrent (s)on innocence".

Décision avant le 15 décembre

Le groupe EADS est lui aussi mis en cause pour ne pas avoir communiqué "dès que possible" au marché l'information concernant le retard de livraison de l'A380. L'entreprise risque une amende qui pourrait atteindre dix millions d'euros.

Les audiences vont se dérouler à huis clos jusqu'à vendredi, dans les anciens locaux de la Bourse de Paris, le palais Brongniart, les locaux de l'AMF ayant été jugés trop petits.

La commission a annoncé vouloir rendre sa décision avant le 15 décembre. En cas de sanctions administratives, les suspects pourront faire appel auprès de la cour d'appel de Paris.

L'enquête pénale pour délit d'initié dans le dossier EADS a été ouverte en novembre 2006. Un nouveau juge vient d’être nommé, le 29 octobre, pour en reprendre l’instruction. Le feuilleton est loin d'être clos…

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