
Marine Le Pen et Éric Zemmour organisaient chacun un grand meeting samedi, respectivement à Reims et à Lille.

Duel à distance entre les deux candidats d'extrême droite à l'élection présidentielle française. Éric Zemmour a critiqué, samedi 5 février à Lille, "l'assistanat" qui, selon lui, favorise l'immigration, lors de son deuxième grand meeting de campagne. Au même moment, sa rivale Marine Le Pen réservait ses attaques, à Reims, au quasi-candidat Macron.
Alors que plusieurs centaines de manifestants antiracistes ont protesté dans les rues de Lille, avec quelques tensions et tirs de gaz lacrymogènes, Éric Zemmour, face à 6 000 partisans chauffés à blanc au Grand Palais de la capitale nordiste, a tenu un discours axé sur le pouvoir d'achat pour "donner l'espérance" que "la France du travail attend" selon lui.
Éric Zemmour s'en prend à "l'assistanat"
"Ici encore plus qu'ailleurs, l'assistanat (des aides sociales) est une insulte", a-t-il fustigé, promettant d'être "le président qui réunira l'entrepreneur et le travailleur" tout en "mettant fin au gaspillage de l'argent du contribuable".
Parmi plusieurs mesures qu'il n'a pas chiffrées, Éric Zemmour propose notamment une "prime zéro charges", versée au bon vouloir de l'employeur, "jusqu'à trois mois de salaire net". Une forme d'extension de la "prime Macron", mesure créée en 2019 et reconduite depuis. Près de quatre millions de salariés ont touché cette prime l'an dernier avec un versement moyen de 506 euros.
Alors qu'Éric Zemmour a répété qu'il supprimerait la redevance qui finance la télévision publique, une journaliste de la chaîne privée TF1/LCI s'est fait "cracher au visage" par un partisan du candidat de Reconquête!.
Dans la salle, ses sympathisants ont loué la "vision", le "tempérament" et "les nouvelles idées" du candidat d'extrême droite face à "une France en grave danger" à leurs yeux.
Marine Le Pen dénonce la "régression" de la France
De son côté, Marine Le Pen, qu'un dernier sondage Ipsos Sopra-Steria donne à égalité avec Éric Zemmour (14 %) derrière Valérie Pécresse (16,5 %) et Emmanuel Macron (24 %), a tenu à marquer ses différences avec son rival, à Reims, indiquant avoir un "projet travaillé, réfléchi, complet".
Mais elle a surtout attaqué Emmanuel Macron, responsable selon elle de la "régression" d'une France "polytraumatisée", "abandonnée" et "ensauvagée".
Devant 4 000 militants, drapeaux bleu-blanc-rouge à la main et chantant à plusieurs reprises "On va gagner !", la candidate du Rassemblement national a appelé à "briser le cycle du défaitisme" face à un "appauvrissement des Français" qui "n'est pas une fatalité" à ses yeux.
Seul léger incident à noter, l'irruption de deux Femen, torses nus et scandant "Le Pen fasciste, pas féministe", rapidement maîtrisées par la sécurité.
Marine Le Pen a tenu à conclure son discours sur une note plus personnelle, exercice rare pour elle, évoquant son parcours et confessant "avoir parfois échoué", "être tombée" et "s'être toujours relevée".
La candidature d'Emmanuel Macron toujours attendue
À droite, Valérie Pécresse a tenu une table ronde sur "les enjeux de l'éducation", souhaitant "restaurer l'autorité à l'école" et proposant notamment la "fin du collège unique" ou encore le "développement de l'apprentissage".
Mal en point dans les sondages (autour de 3 %), la socialiste Anne Hidalgo a réuni à la Fondation Jean Jaurès un comité de soutien national présidé par l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, entourée par plusieurs élus et membres de la société civile.
Chez Yannick Jadot (8 %), 30 citoyens "sélectionnés par un organisme indépendant" vont former "l'Assemblée des possibles" pour travailler jusqu'au 5 mars sur le volet démocratie du projet que portera le candidat écologiste. Fabien Roussel (3 %), le candidat communiste, tient de son côté un grand meeting à Marseille dimanche après-midi.
La campagne reste toujours suspendue à l'annonce de candidature d'Emmanuel Macron qui est attendu lundi en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine et mardi à Kiev pour échanger avec son homologue ukrainien. De quoi agacer ses opposants qui aimeraient en découdre avec lui.
Avec AFP