Le président américain a donné mercredi une interview sur la situation en Afghanistan, admettant rencontrer "davantage de difficultés" à évacuer les Afghans que les Américains. Joe Biden s'est aussi déclaré prêt à maintenir les forces américaines à Kaboul au-delà du 31 août.
Les évacuations se sont poursuivie dans des conditions difficiles, toute la journée du mercredi 18 août, à Kaboul, tombée aux mains des Taliban.
Un gigantesque pont aérien mobilise depuis dimanche une noria d'avions du monde entier, dans un aéroport pris d'assaut par les candidats à l'exil et dont les abords sont étroitement contrôlés par les Taliban.
- L'ONU entame le retrait d'une partie de ses employés
Une centaine de salariés de l'ONU va être évacuée vers Almaty, au Kazakhstan, a indiqué le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, sans préciser s'ils étaient étrangers ou afghans. "C'est une mesure temporaire qui permet à l'ONU de continuer à fournir de l'aide au peuple d'Afghanistan avec un minimum de perturbations et, en même temps, qui réduit les risques pour le personnel", a-t-il expliqué, soulignant que l'ONU restait "engagée" dans sa mission de soutien à la population.
- Washington parle d'un "consensus" avec Pékin et Moscou sur l'Afghanistan
Les États-Unis ont affirmé mercredi partager sur l'Afghanistan les mêmes objectifs que la Chine et la Russie, deux nations qui voient dans le retrait américain une opportunité de renforcer leur influence dans le pays en coopérant avec les Talibans.
- Joe Biden : il était impossible de quitter l'Afghanistan sans une forme de "chaos"
Très critiqué depuis la prise de pouvoir fulgurante des Taliban en Afghanistan, Joe Biden a affirmé sur ABC qu'il aurait été impossible de retirer les troupes américaines sans une forme de "chaos" dans le pays. Le président américain a d'autre part admis rencontrer "davantage de difficultés" à évacuer les Afghans que les Américains.
Joe Biden s’est par ailleurs déclaré prêt à maintenir les forces américaines à Kaboul au-delà du 31 août si tous les ressortissants américains qui sont encore présents dans le pays ne sont pas évacués d’ici là.
EXCLUSIVE: Pressed on whether the U.S.'s exit from Afghanistan could have been handled better, Pres. Biden tells @GStephanopoulos, "The idea that somehow, there's a way to have gotten out without chaos ensuing—I don't know how that happens." https://t.co/mH1AyWI5lb pic.twitter.com/osAwdDQy2L
— ABC News (@ABC) August 18, 2021- Les Américains évacueront autant de personnes que "possible"
Le chef du Pentagone Lloyd Austin a affirmé mercredi que les États-Unis évacueraient d'Afghanistan autant de candidats au départ que "possible", admettant ne pas pouvoir garantir un accès sûr à l'aéroport encerclé par des postes de contrôle des Taliban. "Nous n'avons pas les capacités de sortir (de l'aéroport) et d'aller chercher un grand nombre de personnes" dans Kaboul, a-t-il admis. "Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas défendre l'aéroport."
- Le FMI suspend les fonds en faveur de l'Afghanistan en raison du climat d'incertitude
"Comme toujours, le FMI est guidé par les vues de la communauté internationale", a indiqué une porte-parole à l'AFP. "Il y a actuellement un manque de clarté au sein de la communauté internationale concernant la reconnaissance d'un gouvernement en Afghanistan, en conséquence de quoi le pays ne peut pas accéder aux DTS (droits de tirage spéciaux, NDLR) ou à d'autres ressources du FMI."
- Les Taliban facilitent l'accès des Américains à l'aéroport de Kaboul, mais pas aux Afghans
"Nous avons vu des informations rapportant que les Taliban, contrairement à leurs déclarations publiques et à leurs engagements vis-à-vis de notre gouvernement, empêchent les Afghans qui souhaitent quitter le pays d'atteindre l'aéroport" de Kaboul, a déclaré Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine. En revanche, ils n'entravent pas l'accès aux citoyens américains, a-t-elle ajouté.
- "Rien" n'indiquait que l'armée et le gouvernement afghans s'effondreraient "en 11 jours"
Les forces de sécurité afghanes avaient "la formation, la taille et la capacité de défendre leur pays et c'était une question de volonté et de leadership. Et ni moi, ni personne d'autre n'a anticipé l'effondrement d'une armée de cette taille en 11 jours", a déclaré le chef d'état-major américain, le général Mark Milley.
- Pour Washington, Ashraf Ghani "n'est plus une personne qui compte en Afghanistan"
Les États-Unis ont très vite réagi après la première prise de parole du président afghan Ashraf Ghani, qui s'est dit "en discussion pour rentrer" dans son pays. "Il n'est plus une personne qui compte en Afghanistan", a déclaré la secrétaire d'État adjointe à la Défense, Wendy Sherman.
- Un deuxième vol d'exfiltrés de Kaboul arrive à Roissy
Un avion de l'armée française transportant plus de 200 personnes évacuées de Kaboul, dont un "nombre important de femmes et d'enfants" afghans selon le gouvernement, s'est posé mercredi soir à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, ont constaté des journalistes de l'AFP.
- Le président turc Recep Tayyip Erdogan se dit prêt à collaborer avec les Taliban
Le président turc a salué les déclarations jusqu'à présent modérées des Taliban depuis leur retour au pouvoir en Afghanistan et s'est dit prêt à collaborer. Recep Tayyip Erdogan a également affirmé que sa priorité était de maintenir la sécurité de l'aéroport de Kaboul. La Turquie, membre de l'Otan, était en pourparlers avec les États-Unis pour garder le contrôle de l'aéroport après le départ des troupes de l'Alliance atlantique.
- Première prise de parole du président Ghani depuis son départ de Kaboul
Le président afghan Ashraf Ghani s'est exprimé pour la première fois depuis sa fuite d'Afghanistan par l'intermédiaire d'un message vidéo publié mercredi soir sur sa page Facebook.
Ashraf Ghani déclare notamment qu'il a dû quitter son pays afin de prévenir un bain de sang et d’éviter "une grande catastrophe". Il affirme soutenir le dialogue entre les Taliban et son prédécesseur Hamid Karzai, et se dit "en discussion" pour regagner son pays.
Balayant les rumeurs qui l'accusent de s'être enfui avec des millions de dollars dans ses bagages, il a affirmé "poursuivre ses efforts de justice pour les Afghans".
- Réunion de l'Otan prévue vendredi
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan tiendront vendredi une réunion extraordinaire par visioconférence sur l'Afghanistan, a annoncé mercredi le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg. Cette réunion sera destinée "à maintenir une étroite coordination et à discuter d'une approche commune sur l'Afghanistan", a-t-il indiqué sur Twitter.
I have convened an extraordinary virtual meeting of #NATO Foreign Ministers this Friday 20 August to continue our close coordination & discuss our common approach on #Afghanistan.
— Jens Stoltenberg (@jensstoltenberg) August 18, 2021- Le président afghan Ashraf Ghani et sa famille à Abou Dhabi
Les Émirats arabes unis ont annoncé, mercredi 18 août, avoir accueilli le président afghan Ashraf Ghani et sa famille, après sa fuite du pays dimanche.
Les Émirats "ont accueilli le président afghan Ashraf Ghani et sa famille pour des considérations humanitaires", a annoncé l'agence de presse officielle WAM, citant le ministère des Affaires étrangères.
- Dix-sept blessés dans une bousculade à l'aéroport de Kaboul
Mercredi, 17 personnes ont été blessées dans une bousculade à l'aéroport de Kaboul, a annoncé un responsable de la sécurité de l'Otan.
Les Afghans qui cherchent à fuir leur pays désormais aux mains des Taliban ont reçu pour consigne de ne pas se rassembler autour de l'aéroport s'ils ne disposaient pas d'un passeport et d'un visa, a expliqué ce responsable, qui a requis l'anonymat.
Il a précisé ne pas avoir connaissance de signalements de violences de la part des combattants talibans à l'extérieur de l'aéroport.
- Un nouveau vol français a quitté Kaboul dans la nuit
Un nouveau vol français transportant des personnes évacuées d'Afghanistan a quitté Kaboul dans la nuit de mardi à mercredi en direction d'Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis.
Dans le cadre de cette opération baptisée Apagan, la France a exfiltré de Kaboul vers Abou Dhabi 216 personnes dont 184 Afghans, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué.
A l’issue d’opérations complexes conduites cette nuit à #Kaboul, 25 Français et 184 Afghans à protéger ont été évacués d’#Afghanistan. Ils viennent de se poser à Abou Dabi. Je rends hommage à nos diplomates, policiers et militaires, dont les efforts courageux se poursuivent.
— Jean-Yves Le Drian (@JY_LeDrian) August 18, 2021"La France a également apporté son soutien à des États partenaires, en embarquant 4 Néerlandais, 1 Irlandais, 2 Kényans", ajoute le ministre. L'opération mobilise deux avions de l'Armée de l'air sur le tronçon Émirats-Kaboul et deux autres pour les vols entre les Émirats et la France.
"Cette opération, qui permet la mise en protection d’Afghanes et d’Afghans qu’il était impératif de protéger, est la réussite d’un important travail collectif", poursuit Jean-Yves Le Drian dans son communiqué. "Nos diplomates, militaires et policiers, actuellement à Kaboul, sont à pied d’œuvre chaque instant au service des valeurs de notre pays."
Tous les passagers devaient passer des tests de dépistage du Covid-19 et subir des vérifications sanitaires à leur arrivée.

- Plus de 2 000 Afghans évacués par le Royaume-Uni, plus de 3 000 par les États-Unis
De son côté, le Royaume-Uni a évacué 306 Britanniques et 2 052 Afghans, a annoncé mercredi le Premier ministre Boris Johnson.
Le Premier ministre a précisé que "2 000 autres demandes de ressortissants afghans ont été traitées et bien d'autres sont en cours de traitement". Le gouvernement britannique a annoncé mardi soir lancer un nouveau dispositif destiné à accueillir "à long terme" 20 000 réfugiés afghans, sans précision de date.
L'armée américaine a quant à elle évacué plus de 3 200 personnes d'Afghanistan, notamment du personnel américain, à l'aide d'avions militaires, selon la Maison Blanche. En plus de ces 3 200 personnes, près de 2 000 réfugiés afghans ont été évacués vers les États-Unis. Les États-Unis prévoient d'évacuer plus de 30 000 personnes par un pont aérien entre Kaboul et leurs bases au Koweït et au Qatar.
L'Ouganda est également prêt à accueillir temporairement des réfugiés afghans, répondant favorablement à une demande américaine.
- Rencontre entre un chef taliban et l'ex-président Karzaï
Un chef taliban issu du réseau islamiste Haqqani, Anas Haqqani, a rencontré l'ancien président afghan Hamid Karzaï, a annoncé mercredi un responsable taliban, évoquant des discussions dans le cadre des efforts pour mettre sur pied un gouvernement après la prise de Kaboul dimanche.
Ce responsable, qui a requis l'anonymat, a précisé qu'Hamid Karzaï était accompagné de l'ancien vice-président Abdullah Abdullah, qui dirigeait jusqu'à la chute de Kaboul le Haut conseil afghan pour la réconciliation nationale et pilotait les négociations à Doha.

Le responsable a également indiqué que les chefs de file des Taliban ont l'intention de rencontrer des membres influents des précédents gouvernements dans les 48 heures à venir. Pour autant, il a ajouté qu'il était trop tôt pour préciser si ces anciens dirigeants pourraient intégrer un nouveau gouvernement afghan dirigé par les Taliban.
Avec AFP