
Le syndicat lycéen UNL a salué une mobilisation "exceptionnelle" après les manifestations organisées dans toute la France contre le projet de réforme du lycée. Selon les organisateurs, près de 80 000 personnes ont défilé.
AFP - Quelque 80.000 jeunes selon les organisateurs ont manifesté jeudi dans toute la France contre le projet de réforme du lycée du ministre de l'Education, une mobilisation "exceptionnelle" pour l'UNL, tandis que Xavier Darcos annonçait la réouverture de "la totalité du dossier".
Au moins 64.000 personnes ont manifesté, selon un comptage non exhaustif des manifestations par les bureaux de l'AFP à partir des chiffres avancés par la police.
Les lycéens ont globalement défilé dans le calme. Quelques manifestations ont été émaillées d'incidents, comme à Lyon, où une voiture a été brûlée, plusieurs jeunes blessés, ou à Orléans où une femme proviseur adjoint a été légèrement blessée à la tête par une bouteille de parfum. Le trafic SNCF a été brièvement perturbé à Roanne et Dijon.
Lundi, M. Darcos avait annoncé qu'il reportait d'un an, en accord avec le chef de l'Etat, cette réforme censée entrer en vigueur à la rentrée 2009 en seconde, avant de préciser mardi qu'il fallait repartir "de zéro" sur ce projet.
"Nous allons ensemble rouvrir la totalité du dossier", a-t-il affirmé jeudi, tout en précisant qu'il ne changerait "rien à l'objectif de réforme".
Les lycéens ont pourtant choisi de maintenir leurs manifestations avec des slogans et banderoles tels que "Darcos, maintenant ou dans douze mois, ta réforme on n'en veut pas" (Lyon), "Darcos démission pour sauver l'éducation" (Rennes), "Notre éducation n'est pas au service du fric !" (Paris), "Au clair de la Lune, mon ami Darcos / Prête-moi ta thune, pour payer mes profs" (Lille).
"C'est impensable de parler d'une réforme sur fond de suppressions de postes", a estimé Alice Nicolet, présidente de la FIDL, deuxième organisation lycéenne. 13.500 sont prévues à la rentrée 2009.
Le secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education, Gérard Aschieri, a déclaré s'attendre à "une suite de mouvements dans l'Education nationale" et à un mouvement social "remarquable" au mois de janvier.
Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, a estimé que l'"inquiétude" des lycéens gagnait l'université, qui craint pour son "budget".
A Paris, entre 7.500 personnes, selon la police, et 13.000 selon les organisateurs, ont défilé sans incident jusqu'au ministère. Des lycées ont été bloqués en Ile-de-France.
Dans l'Ouest, les cortèges ont regroupé 5.000 personnes (police) à Rennes, 2.000 à Rouen, 2.500 à Quimper, 2.000 à Saint-Brieuc, 2.500 à Lorient, 1.500 à Brest, 2.300 à Caen et 1.000 à Saint-Nazaire.
Certains lycées, souvent privés, ont par ailleurs été fermés jusqu'aux vacances en Loire-Atlantique, dans le Finistère, le Morbihan ou la Manche.
Entre 5.500 jeunes (police) et 10.000 (organisateurs) ont défilé à Lyon, perturbant les transports en commun. Les quelques incidents ont occasionné l'interpellation ou le contrôle d'une quarantaine de personnes.
Environ 1.400 lycéens ont défilé à Clermont-Ferrand, 1.200 à Saint-Etienne.
A Lille, dans le Nord, en Picardie ou Champagne-Ardennes plusieurs milliers de lycéens ont manifesté, demandant "le retrait total de la réforme".
Entre 2.000 et 4.000 jeunes ont marché à Marseille. 51 établissements sur 125 étaient perturbés dans la région Midi-Pyrénées.
Le comité directeur de l'UMP a affirmé son "soutien sans réserve" à la décision de Xavier Darcos de reprendre les discussions.
Les partis de gauche ont apporté leur soutien aux lycéens. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a estimé que le gouvernement avait "allumé un incendie qu'il ne parvient pas à atteindre", alors que François Fillon a accusé le PS de vouloir "créer des tensions" en appelant ses militants à manifester auprès des lycéens.