
Alors que le Hamas a une nouvelle fois repoussé la signature du plan de réconciliation interpalestinien proposé par l'Égypte, Le Caire s'impatiente et dénonce les "tergiversations" du mouvement islamiste.
"Mauvaise foi !", accuse le quotidien égyptien "al-Ahram". Le cri de colère est à la hauteur de l’irritation égyptienne face aux hésitations du Hamas, qui a repoussé, pour la quatrième fois depuis le début de l’année, la signature d’un accord de paix avec ses rivaux du Fatah.
L’Égypte, qui tente depuis des mois d’aboutir à un accord, a signalé qu’elle n’attendrait pas "indéfiniment" le Hamas, estimant que ses " tergiversations" mettent en péril "une réconciliation historique" avec le Fatah, selon une source anonyme égyptienne.
La signature de l’accord de paix interpalestinienne devait avoir lieu le 26 octobre au Caire. Les deux parties, en rupture totale depuis le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza en 2007, avait jusqu’à dimanche 18 octobre pour accepter une proposition d’accord minimal : la création d’un comité commun de coordination entre la Cisjordanie et Gaza, et le maintien du contrôle du Hamas et du Fatah sur leurs territoires respectifs.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait accepté la proposition mercredi dernier et remis le texte signé aux médiateurs égyptiens.
Simple prétexte
Le Hamas a, de son côté, demandé un délai "pour plus de consultations internes". Si, selon l'Égypte, l'heure n'est plus aux négociations, le mouvement soumet sa signature à un certain nombre de conditions.
"Le Hamas attend de l'Europe qu'elle reconnaisse le prochain gouvernement élu par les Palestiniens, quel qu'il soit ; il demande aussi la levée du blocus israélien sur Gaza et l'ouverture du passage de Rafah", explique Natheer Taha, correspondant de FRANCE 24 à Ramallah.
Le mouvement islamiste a différé hier sa visite prévue le jour même en Égypte pour apporter sa réponse sur le plan de réconciliation, en raison de l'absence du principal médiateur égyptien, Omar Suleimane.
Un simple prétexte selon Ygal Saadoun, correspondant de FRANCE 24 au Caire, qui précise qu’Omar Suleimane était de retour dans la capitale egyptienne à 14 heures.
Alors que l’annonce de la date des élections palestiniennes approche, les scénarios de sortie de crise restent incertains. "Le moyen de pression de l’Égypte est de menacer de se retirer des négociations. Mais il est peu probable qu’elle le fasse, reprend Ygal Saadoun, car il s'agit de l'un des seuls dossiers dans le quel les Égyptiens jouent un rôle central."
Selon le quotiden Al-Hayat, le président égyptien Hosni Moubarak devrait rencontrer mardi Mahmoud Abbas. La signature d'un accord a, quant à elle, été reportée sine die... et avec elle les perspectives de réconciliation palestinienne.