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L'Italie pointée du doigt dans la mort des dix soldats français tués en 2008

Le quotidien britannique "The Times" révèle que l'Italie n'a pas averti la France, chargée de la relever dans la province afghane de Saroubi, qu'elle payait les Taliban pour maintenir le calme dans la région. Dix soldats français y ont été tués en 20

Le bilan de la sanglante embuscade dans laquelle dix soldats français ont trouvé la mort, le 18 août 2008, en Afghanistan, quelques semaines seulement après leur déploiement dans le pays, aurait pu être bien moins lourd, selon des informations publiées par le quotidien britannique The Times, ce jeudi.

Citant des sources haut placées à l’Otan, le journal affirme que les troupes françaises

avaient largement sous-évalué les risques dans leur région d’affectation, le district de Saroubi, près de Kaboul, car elles n’avaient pas été informées du fait que le contingent italien qui les précédait avait versé clandestinement des sommes d’argent aux chefs talibans locaux pour qu’ils y maintiennent le calme.

Durant l’année précédant l’arrivée des Français à Saroubi, les troupes italiennes n’avaient perdu qu’un seul soldat au combat.

Selon The Times, qui révèle que les paiements atteignaient plusieurs dizaines de milliers de dollars, plusieurs responsables militaires occidentaux étaient dans la confidence, mais pas l’état-major français, fraîchement arrivé sur place.

"Payer les Taliban n’est pas une pratique courante", affirme à FRANCE 24 Luc Mathieu, correspondant du quotidien français Libération à Kaboul.

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L'Italie pointée du doigt dans la mort des dix soldats français tués en 2008

“The Times affirme que les services secrets italiens ont payé des Taliban locaux afin de permettre à des civils de participer à des projets de reconstruction sur place. Le problème, c’est que les Italiens n’en ont pas informé les Français", complète Jon Boone, correspondant en Afghanistan du quotidien britannique The Guardian.

Les soldats français n’avaient donc aucune raisons de se tenir prêt à un assaut d’ampleur de la part des Taliban. 

Le gouvernement italien a fermement démenti cette information, ce jeudi, la qualifiant de "totalement infondée".

Le ministre italien de la Défense, Ignazio La Russa, affirme, en particulier, que les informations du Times n’ont aucun sens, ajoutant qu’il venait d’être nommé à son poste à l'époque des faits et que jamais il n’avait été informé du fait que les services secrets italiens avaient payé des chefs talibans.

L’Otan n’a, pour sa part, pas encore officiellement réagi à ces révélations.