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Confinement : Bruno Le Maire demande aux distributeurs de décaler l'opération Black Friday

Le ministre de l'Économie français espère convaincre les distributeurs et les acteurs du commerce en ligne de décaler le Black Friday, alors que les petits commerces dits "non essentiels" souhaitent rouvrir le 27 novembre. Le groupe Carrefour s'est déjà dit d'accord pour suspendre cette opération promotionnelle.

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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a demandé, mercredi 18 novembre, aux distributeurs de décaler l'opération promotionnelle Black Friday en France, prévue le 27 novembre, alors que le gouvernement doit décider dans les prochains jours à quelle date les commerces dits "non essentiels" pourront rouvrir.

"Est-ce que vraiment, vendredi prochain, c'est la bonne date pour organiser un Black Friday ? Ma réponse est non", a affirmé le ministre lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, demandant aux acteurs de la grande distribution d'"examiner toutes les possibilités de décaler cette opération qui n'a pas de sens dans les circonstances actuelles". "J'aurai l'occasion de leur en parler" et de "leur demander de faire preuve de sens des responsabilités" en cette période d'épidémie, a-t-il insisté.

"J'appelle tous les acteurs économiques aux sens des responsabilités. Est-ce que vraiment, vendredi prochain, c'est la bonne date pour organiser un Black Friday ? La réponse est non" déclare @BrunoLeMaire #QAGhttps://t.co/Qirp79K2LY pic.twitter.com/HvJYCwMxhP

— Public Sénat (@publicsenat) November 18, 2020

Si le gouvernement peut reporter les dates des soldes, il n'a toutefois pas la main sur la tenue des opérations promotionnelles d'initiative privée comme le Black Friday. L'enjeu est désormais de convaincre ses promoteurs, dont le géant de la vente en ligne Amazon, d'accepter de décaler l'opération.

Carrefour accepte de suspendre l'opération

Le groupe Carrefour s'est déjà dit d'accord pour une "suspension". "Lors d'un échange téléphonique ce matin avec Bruno Le Maire, Alexandre Bompard a dit qu'afin de favoriser la réouverture des petits commerces, il était d'accord pour suspendre l'opération Black Friday du 27 au 29 novembre", a précisé jeudi le premier groupe européen de la distribution à l'AFP.

De son côté, le président du Comité stratégique E.Leclerc, Michel-Édouard Leclerc a précisé sur Twitter que les adhérents du groupe pourraient reporter le Black Friday si le gouvernement autorisait la réouverture des magasins le 28 novembre. "Pour des raisons sanitaires, les centres E.Leclerc défendent l'idée d'une réouverture de TOUS les commerces (petits et grands) le plus en amont possible des fêtes de Noël", afin "d'éviter des cohues", explique-t-il encore.

Le dossier du Black Friday est dans le viseur du gouvernement depuis plusieurs semaines. Fin octobre, la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait ainsi demandé à Amazon de "suspendre" sa campagne de communication pré-Black Friday, "parce que ce n'était pas du tout approprié dans ce moment". 

L'exécutif doit annoncer dans les prochains jours les modalités d'un desserrement progressif du confinement à partir du 1er décembre, mais de nombreux élus et organisations professionnelles demandent que leurs commerces dits "non-essentiels" puissent rouvrir dès le 27 novembre, le Black Friday étant l'un des moments les plus lucratifs de l'année pour les enseignes. Surtout, nombre de petits commerçants comme d'acteurs de la grande distribution redoutent de voir les achats se reporter en ligne, chez les géants du numérique déjà accusés de concurrence déloyale.

"Une décision de bon sens"

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé jeudi qu'il n'était "pas raisonnable" de vouloir décaler le Black Friday, jugeant plutôt que la solution est d'ouvrir tous les commerces dès le 27 novembre. "Tout est imaginable, mais pas huit jours avant. Il y a des supermarchés qui ont préparé leur catalogue. (...) On parle beaucoup d'Amazon (...) mais il y a plein de commerçants français qui ont préparé leurs promotions", a affirmé le président du Medef sur RTL.

Les professionnels "attendent une décision de bon sens", a-t-il insisté, ajoutant qu'ils sont prêts à renforcer les règles sanitaires dans leurs commerces. Pour lui, la bonne solution est de durcir les jauges de clients autorisés en même temps dans les magasins. Au-delà de la réouverture des commerces, les entreprises, notamment les restaurants et tous les autres secteurs fermés, attendent "une vision à moyen terme, sur trois, quatre mois, sur une saine cohabitation, un bon équilibre, entre économie et santé", a-t-il affirmé.

Avec AFP