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Visite du ministre de l'Intérieur à Poitiers après les violences

Huit personnes soupçonnées d'avoir participé au saccage de plusieurs vitrines et du mobilier urbain de Poitiers (centre-ouest de la France), samedi soir, sont toujours en garde à vue. Brice Hortefeux est attendu en ville dans la journée.

REUTERS - Huit des 18 personnes interpellées samedi à Poitiers (Vienne) à la suite d’actes de vandalisme commis lors d’une manifestation étaient toujours en garde à vue lundi matin, a-t-on appris de source policière. 

Sept de ces huit personnes doivent passer en comparution immédiate lundi dans l’après-midi, moment où le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux doit se rendre sur place, et le cas de la huitième était toujours en cours d’examen lundi matin.  

Les autres ont été relâchées sans faire l’objet de poursuites, d’après le parquet de Poitiers.  

Trois des personnes renvoyées devant le tribunal sont poursuivies pour coups et blessures avec arme sur agent de la force publique, deux pour détention et transport d’artifices non détonnants, d’autres pour dégradation de biens publics par des moyens dangereux lors de cette manifestation.  

Des militants organisés en commando  

Samedi en fin d’après-midi, 200 militants se réclamant d’un mouvement anticarcéral s’étaient rassemblés dans le centre-ville où se déroulait le festival de théâtre de rue. 

La manifestation organisée par un collectif contre la prison de Vivonne a attiré selon la police des militants venus des départements voisins et très organisés.  

Profitant du festival, les manifestants, portant cagoules ou foulards, armés parfois de bâtons, se sont attaqués aux vitrines d’une vingtaine de boutiques, ont cassé les vitres des abribus et du mobilier urbain. Une personne a été blessée.  

Dimanche le préfet Bernard Tomasini a mis en cause la mouvance de l’ultra-gauche.

« Ils sont extrêmement bien organisés, extrêmement bien formés. Je dis ça vu les méthodes employées, les objets à destination d’armes qu’ils ont utilisés, c’est donc des ultra-violents,(...) qui peuvent sévir partout en France sur des opérations de type commando », a dit le préfet sur France Info.  

Organisés en commando, les manifestants ont surpris les autorités par l’ampleur et la violence de leur action alors que les organisateurs avaient appelé à un rassemblement festif pour protester contre le transfert des détenus de la prison de Poitiers jusqu’au nouveau centre de détention de Vivonne à un quinzaine de kilomètres.  

Des caches contenant des bâtons, des fumigènes, des bombes agricoles ont été retrouvées dans des parkings de la ville.  

Le transfert s’est déroulé sans incident dimanche.  

Les 118 détenus, dont sept femmes, ont rejoint leur nouvelles cellules sous la surveillance de 250 membres du personnel de l’administration pénitentiaire, dont des Equipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS).