
L'Iran poursuit ses activités nucléaires. D'après l'Agence internationale de l'énergie atomique, Téhéran a dépassé de dix fois le seuil de stock d'uranium autorisé par l'accord sur le nucléaire iranien, signé à Vienne en 2015.
L'uranium enrichi stocké par l'Iran dépasse désormais de dix fois la limite autorisée par l'accord, signé à Vienne, en 2015, avec les grandes puissances, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) consulté par l'AFP vendredi 4 septembre.
Téhéran a cumulé 2 105,4 kg d'uranium enrichi, tandis qu'il n'est autorisé à n'en stocker que 202,8 kg, ce qui équivaut à 300 kg d'uranium enrichi sous forme de composé.
Depuis le précédent bilan publié par l'AIEA en juin, l'Iran a donc continué ses activités nucléaires, alors que les États-Unis intensifiaient leurs efforts diplomatiques pour rétablir les sanctions et prolonger l'embargo sur les armes visant Téhéran.
Inspections autorisées sur deux autres sites
D'après le rapport consulté vendredi par l'AFP, l'AIEA a pu visiter deux sites nucléaires dont elle réclamait à l'Iran l'accès depuis des mois. "L'Iran a donné aux inspecteurs de l'Agence l'accès à ce site pour qu'ils puissent y prélever des échantillons. [...]. Les échantillons seront analysés" par les laboratoires de l'AIEA, est-il écrit dans le rapport. "L'Agence effectuera une visite du deuxième lieu spécifié plus tard, en septembre 2020, à une date déjà convenue avec l'Iran", est-il précisé.
Selon un diplomate précédemment interrogé par l'AFP, il faudra trois mois pour avoir les résultats d'échantillons.
Rien n'indique que les activités nucléaires présumées sur ses sites, remontant à plus de 15 ans, sans lien avec les opérations actuelles de l'Iran, constituent une quelconque menace à l'heure actuelle. Mais en vertu de ses engagements auprès de l'AIEA, l'Iran est tenu d'accepter les inspections demandées, soulignent les spécialistes.
Pressions des Européens sur l'Iran
Pendant de nombreux mois, Téhéran avait refusé de satisfaire aux demandes de l'Agence onusienne, fondées selon lui sur des allégations d'Israël.
Les États-Unis, même s'ils ne sont plus partie depuis deux ans et demi de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 à Vienne, ont exercé une importante pression sur Téhéran à propos de ces sites anciens. Ils accusent le pays de dissimulation, pour pousser les Européens, la Russie et la Chine à quitter à leur tour l'accord.
L'Iran a cédé fin août, après l'adoption en juin d'une résolution des gouverneurs de l'AIEA, déposée par les Européens, l'exhortant à jouer la transparence avec la communauté internationale. Cette résolution admonestant la République islamique était la première depuis 2012, période à laquelle les grandes puissances soupçonnaient l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran a toujours nié.
Avec AFP