
Le Maroc a déclaré l’état d’urgence sanitaire et le confinement dès vendredi 20 mars à 18—h, afin de contenir la propagation du Covid-19, alors que le pays a enregistré son premier cas positif le 2 mars. Le gouvernement a très vite décidé d’une série de mesures, qui n’ont été mises en place dans des pays européens qu’au stade 2 ou 3 de la pandémie. France 24 fait le point sur la situation au Maroc.
Depuis l’annonce mardi de l’apparition de foyers de contamination locale au Maroc, le pays est passé à la vitesse supérieure en termes de mesures pour garder le coronavirus sous contrôle.
Vendredi 20 mars à 9—h—30, le bilan du ministère marocain fait état de 66 cas confirmés de Covid-19, parmi 387 personnes testées. Le royaume ne compte que trois morts pour le moment.
Le gouvernement marocain a commencé à communiquer sur l’évolution de la pandémie du Covid-19 depuis fin janvier. Les autorités annonçaient alors une batterie de dispositions pour limiter les risques. Parmi elles, l’instauration du contrôle sanitaire aux ports et aéroports internationaux.
Des craintes avaient aussi été soulevées avec l’annonce du rapatriement des étudiants marocains qui étaient bloqués dans la province de Wuhan, en Chine, en raison de la mise en quarantaine de la ville, épicentre de la pandémie.
Le 28 janvier, le premier avion en provenance de Pékin est arrivé à Casablanca et les voyageurs ont été accueillis dans le cadre d’un strict dispositif mis en place (prise de température à l’arrivée, caméras thermiques…). Les rapatriés ont été mis sous surveillance médicale jusqu’au 22 février.
Une évolution rapide
Par ailleurs, les premiers tests au sein de la population ont été effectué à partir de début février. Le ministère marocain de la Santé a commencé alors à publier les chiffres sur les réseaux sociaux et dans les médias.
C’est au soir du 2 mars que le ministère a annoncé l’enregistrement du premier cas positif, sur 29 cas suspectés. Il s’agissait d’un Marocain résidant en Italie, pris en charge à l’hôpital Moulay Youssef à Casablanca.
Les annonces se suivent quasi quotidiennement à partir de cette date. La population testée est passée de 33 personnes le 3 mars à 387 le 20 mars. Le premier mort est annoncé le 12 mars.
Dès le 13 mars, le Maroc annonce la fermeture "jusqu’à nouvel ordre" des liaisons aériennes et maritimes vers la France et l’Espagne, ainsi que de ses frontières terrestres avec les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla pour prévenir la propagation du Covid-19. Pourtant le pays est encore au stade 1 de la pandémie.
Une étape est franchie le 14 mars, quand le nombre de cas positifs passe au double en une nuit (13 mars : 7 cas confirmés, 14 mars : 18 cas, 16 mars : 37 cas).
Mais il est très difficile à ce jour d’interpréter ces chiffres, car ne sont comptabilisées que les personnes testées et pour le moment elles ne sont que quelques centaines.
Dans une interview télévisée, le chef du gouvernement marocain, Saad Eddine El Othmani a tenté de rassurer la population, tout en essayant de rappeler l’importance des gestes barrières pour ne pas encombrer les hôpitaux.
La commission de travail conjointe entre le ministère de la Santé et l’association des cliniques privées s’est réunie mercredi 18 mars pour parler de la mobilisation des ressources des cliniques privées au profit des hôpitaux publics.
Passage au stade 2
Jusqu’ici, les autorités marocaines privilégient le confinement volontaire des citoyens. Les appels se multiplient de la part du ministère de la Santé et du personnel soignant pour inviter les Marocains à s’isoler pour ne pas accélérer la courbe de la contamination. Le hashtag #restecheztoi est repris en arabe et en français sur les réseaux sociaux.
Le pays passe toutefois à un autre niveau d’alerte avec l’annonce, le 18 mars, de la découverte de foyers de contamination locale. L’apparition des "clusters" confirment généralement le passage au stade 2 de la pandémie.
Le Maroc a jusqu’ici été dans l’anticipation en prenant des décisions qui relèvent du stade 2 ou 3 alors qu’il n’en était qu’au stade 1, comme par exemple la suspension des liaisons aériennes.
Et vendredi, un état d’urgence sanitaire a été déclaré, qui entre en vigueur à 18 h, avec la prise de mesures exceptionnelles pour limiter les déplacements de la population.