
Le match de football d'Arsenal contre Manchester City dimanche ne sera pas diffusé par la télévision nationale chinoise en raison du soutien affiché aux Ouïghours par le milieu de terrain turco-allemand Mesut Özil. Le joueur s'était indigné dans un tweet de la répression de la Chine contre cette ethnie musulmane.
Le soutien du milieu de terrain d’Arsenal Mesut Özil apporté aux Ouïghours du Xinjiang n’est pas passé inaperçu en Chine. En représailles à ses propos, la chaîne publique chinoise CCTV a décidé de retirer de sa programmation le match de Premier League anglaise entre les Gunners et Manchester City, prévu dimanche à 16 h 30 GMT.
Mesut Özil, international allemand d'origine turque, avait condamné vendredi sur les réseaux sociaux la répression de la Chine contre cette minorité musulmane enfermée dans des camps d'internement. Il avait aussi critiqué les pays musulmans pour ne pas l'avoir dénoncée.
"Des Corans sont brûlés... Des mosquées détruites... Les écoles islamiques interdites... Des intellectuels religieux tués les uns après les autres... Des frères envoyés par la force dans des camps", s'était-il indigné dans un message diffusé en langue turque sur Twitter et Instagram.
#HayırlıCumalarDoğuTürkistan ???????? pic.twitter.com/dJgeK4KSIk
— Mesut Özil (@MesutOzil1088) December 13, 2019
"Les musulmans restent silencieux. On n'entend pas leur voix", avait-il ajouté dans son message, où figure à l'arrière-plan le drapeau de ce que les séparatistes ouïghours appellent le Turkestan oriental.
Pas de politique pour Arsenal
Samedi, Arsenal a pris ses distances par rapport aux propos de Mesut Özil, affirmant que le club a "toujours adhéré au principe de ne pas s'impliquer dans la politique".
Le numéro 10 des Gunners, 31 ans, s'est rapproché ces dernières années du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la tête d'un des rares pays à majorité musulmane critique du traitement des Ouïghours en Chine. Des photos de Mesut Özil aux côtés de l'homme fort d'Ankara avaient d’ailleurs créé une polémique en Allemagne à l'approche de la Coupe du monde 2018.
Des organisations de défense des droits de l'Homme et des experts accusent Pékin d'avoir interné dans le Xinjiang jusqu'à un million de musulmans, principalement ouïghours, dans des camps de rééducation politique.
Pékin, qui dément ce chiffre, parle de "centres de formation professionnelle", destinés à aider la population à trouver un emploi et à l'éloigner de la tentation de l'islamisme et du terrorisme.
Avec AFP