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Au Zimbabwe, des milliers de manifestants dénoncent les sanctions occidentales

Des milliers de Zimbabwéens ont défilé, vendredi, pour dénoncer les sanctions imposées par les Occidentaux à leur pays, en proie à une grave crise économique. Bruxelles et Washington se sont défendus, rappelant la responsabilité d'Harare.

Emmenés par Auxilia Mnangagwa, la femme du président, plusieurs milliers de Zimbabwéens ont manifesté, vendredi 25 octobre, contre les sanctions imposées à leur pays par les Occidentaux. À Harare, capitale du Zimbabwe, pays en proie à une crise économique catastrophique, les manifestants ont parcouru les rues de la ville derrière des banderoles telles que "les sanctions sont un crime contre l'humanité."

L'Union européenne (UE) et les États-Unis maintiennent depuis près de vingt ans des sanctions contre le Zimbabwe, qui visent surtout la famille et les proches de l'ex-président Robert Mugabe, accusés de fraudes électorales. Et le pays a aujourd'hui besoin d'investissements étrangers pour s'en sortir, et donc d'une levée des sanctions.

"Ça suffit !"

Emmerson Mnangagwa, successeur de Robert Mugabe après un coup de force de l'armée et du parti au pouvoir il y a deux ans, essaie depuis d'obtenir la levée de ces sanctions.

L'UE les a récemment réduites et le Fonds monétaire international (FMI) a repris langue avec Harare. Mais les États-Unis ont prolongé en mars 2019 les sanctions contre Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, un ancien cacique de son régime, et une centaine de personnalités ou entreprises zimbabwéennes.

Devant les manifestants réunis dans un stade largement vide de la ville, le président Mnangagwa a renouvelé, vendredi, son appel aux Occidentaux. "Ça suffit !", a-t-il lancé. "Retirez ces sanctions maintenant, [...] nous savons parfaitement que ces sanctions ne sont ni intelligentes ni ciblées", a-t-il poursuivi, expliquant que "leur impact sur [nos] vies quotidiennes est énorme et leurs conséquences terribles".

"Nous n'avons ni matériel ni médicaments dans nos hôpitaux", a déploré l'un des manifestants, Themba Ndebele. "Aujourd'hui, nous voulons faire en sorte que nos voix puissent être entendues."

Gestion catastrophique

"Nos sanctions ne sont pas responsables de la faillite tragique du Zimbabwe", s'est défendu sur les réseaux sociaux l'ambassadeur américain à Harare, Brian Nichols. "La responsabilité en incombe à la gestion catastrophique de ceux qui le dirigent et aux abus du gouvernement contre ses propres citoyens."

L'UE a rappelé de son côté que ses mesures ne visaient que les ventes d'armes et le couple Mugabe. "Elles peuvent être modifiées à tout moment, dès que le Zimbabwe démontrera que les conditions qui les ont imposées ont changé", a ajouté vendredi son ambassade à Harare.

Le principal parti d'opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), a joint sa voix aux Occidentaux pour dénoncer les faillites du régime. "Le Zimbabwe en est là parce qu'il est dirigé par des hommes égoïstes et corrompus", a-t-il dénoncé.

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), dont le Zimbabwe fait partie, a apporté son soutien à Harare en exigeant elle aussi la fin des sanctions.

"Mnangagwa a fait des efforts significatifs (...) pour relancer l'économie", a souligné le président zambien Edgar Lungu. "Ces sanctions continues et contraignantes empêchent le pays de faire des progrès significatifs."

Avec AFP