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La Ville de Paris rend hommage à des personnalités LGBT+

Alors que se tient samedi la 41e édition de la Marche des fiertés, Paris a renommé en début de semaine plusieurs places et rues du nom de personnalités LGBT+. Avec pour ambition de devenir l’une des plus importantes capitales gay friendly au monde.

Harvey Milk, les émeutes de Stonewall, Ovida Delect ou encore Pierre Seel… Le 19   juin, la maire de Paris Anne Hidalgo a rendu hommage à des lieux et personnes iconiques de la communauté LGBT+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Trans, Queer, Intersexuel etc) en renommant quatre lieux du 4e   arrondissement – celui du Marais, le quartier gay de la capitale.

Ces changements de plaques portent à 40 le nombre de lieux parisiens baptisés du nom de figures de la communauté. Ils interviennent à l’heure où les agressions homophobes sont en augmentation en France   : selon un rapport publié en mai par l’association SOS Homophobie, 2018 fut une "année noire" pour la communauté LGBT+ française, avec une hausse de 15   % des agressions homophobes par rapport à l’année précédente.

En 2016, Anne Hidalgo, qui avait promis de faire de Paris une "ville arc-en-ciel", a chargé Jean-Luc Romero, maire-adjoint socialiste du 12e   arrondissement, de trouver des solutions pour améliorer la visibilité de la communauté LGBT+.

Dans un rapport rendu en 2017, Jean-Luc Roméro, ouvertement gay et premier homme politique français à avoir révélé être porteur du VIH, a fait 52   recommandations, dont celle de renommer certains lieux parisiens.

"Paris est FIERE et le sera toujours" a déclaré Anne Hidalgo sur Instagram le jour de l’inauguration.

Guillaume Mélanie, le coprésident de France Urgence Homophobie, qui a assisté à la cérémonie d’inauguration de ces lieux, a fait part de sa satisfaction sur Twitter. "Ce matin était une matinée très émouvante. Une matinée historique pour la population LGBTI. Les LGBTI entrent dans le patrimoine."

Voici l’histoire des personnes et événements mis à l'honneur par la Ville de Paris.

La place Harvey Milk (à l'angle de la rue des Archives et de la rue de la Verrerie)

Harvey Milk était un homme politique et activiste gay américain. Il a accédé à la notoriété en devenant l’un des premiers élus ouvertement homosexuel de l’histoire des États-Unis, en tant que conseiller municipal de San Francisco, en   1977. Durant ses onze mois aux affaires, cette figure du quartier gay du Castro a soutenu une loi interdisant les discriminations liées à l’orientation sexuelle.

Le militant craignait pour sa vie car il savait que son combat pour encourager les jeunes à faire leur coming-out dérangeait. " Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard" , avait-il coutume de dire, en référence aux nombreux gays contraints de "rester dans le placard", c'est-à-dire de cacher leur orientation sexuelle.

En 1978, Milk et le maire de San Francisco George Moscone furent abattus par Dan White, un conseiller municipal conservateur. Condamné pour homicide et non pour meurtre au premier degré (avec préméditation), il a passé cinq ans derrière les barreaux avant d’être relâché en   1983. Il s’est suicidé deux ans plus tard.

La Place Ovida Delect (intersection rue des Blancs Manteaux / rue des Archives)

Ovida Delect était une écrivaine et poétesse française transgenre. Celle qui fut également résistante était née homme en   1926, sous le nom de Jean-Pierre Voidies. Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des amis, elle a fondé un groupe de résistants et a infiltré une organisation de jeunes collaborateurs en se faisant passer pour l’un d’eux. Son action a porté de sévères coups à cette structure. En   1944, elle fut arrêtée par la Gestapo et torturée plusieurs jours avant d’être déportée au camp de Neuengamme, en Allemagne, où elle resta prisonnière jusqu’à la fin de la guerre.

Olivia Delect a écrit de nombreux livres et poèmes sous son nom de femme, mais ne changea officiellement d’identité que dans les années   1980. Elle est morte en   1996.

La rue Pierre Seel (entre la rue de Rivoli et la rue du Roi de Sicile)

En mai 1941, le jeune Pierre Seel a été déporté à seulement 17   ans parce qu’il était homosexuel. Il a été libéré en novembre de la même année mais ne révéla la véritable cause de sa déportation qu’en   1978, lorsqu’il publia un livre sur sa vie.

La place des émeutes de Stonewall (ancienne Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie)

Les émeutes de Stonewall sont considérées comme l’un des moments phares du mouvement pour la conquête des droits des gays. Elles ont commencé le 28   juin   1969 au matin, après une descente de la police de New York dans un bar gay de Greenwich Village, le Stonewall Inn. L’incident a provoqué des affrontements et a marqué la réelle éclosion du militantisme LGBT+. De nombreuses associations défendant les droits des homosexuels ont été créées à travers tout le pays. Un an plus tard, la première gay pride au monde était organisée dans les villes de New   York, Los   Angeles, San   Francisco et Chicago. L'année   2019 marque le cinquantième anniversaire de cet événement.

Gilbert Baker (plaque commémorative dans la nouvelle place Stonewall)

Il est le créateur du célèbre "rainbow flag", le drapeau arc-en-ciel emblème de la communauté LGBT+. Cet artiste et activiste américain l’a dessiné en   1978, en y incluant les différentes couleurs reflétant la diversité de ses membres. Au départ, il avait choisi huit teintes (du rose vif au violet), représentant, dans l’ordre   : le sexe, la vie, la guérison, la lumière du soleil, l’art, la sérénité et l’esprit. Depuis   2008, la version la plus répandue du Rainbow flag ne comporte que six couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet), ce qui le rend plus facile à reproduire et donc à diffuser massivement.

Article traduit de l'anglais par Françoise Marmouyet. Retrouvez l'article original sur le site anglais de France 24.