
Renault et Fiat Chrysler s'apprêtent à annoncer lundi un projet d'alliance, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP. Un rapprochement créerait un ensemble de près de 16 millions de véhicules, qui distancerait largement ses rivaux.
Bientôt l'émergence d'un nouveau géant mondial de l'automobile ? Le français Renault et l'italo-américain Fiat-Chrysler s'apprêtent à annoncer lundi 27 mai un projet d'alliance, selon trois sources proches du dossier interrogées par l'AFP.
Un communiqué devrait être publié pour dire que "sera étudiée la possibilité d'un rapprochement entre les deux groupes", a dit dimanche une de ces sources, sous couvert d'anonymat, soulignant que l'objectif à terme serait d'aboutir à "une fusion".
"Une annonce se prépare pour les prochaines heures, peut-être demain (lundi) matin avant l'ouverture de la Bourse", a ajouté cette source.
"Renault et Fiat Chrysler discutent d'un rapprochement capitalistique et s'apprêtent à faire une communication demain matin", a confirmé une deuxième source proche des discussions.
Selon une troisième source, l'annonce imminente serait l'aboutissement de "discussions qui avaient déjà commencé sous Carlos Ghosn", l'ancien patron emblématique du constructeur français, mis en examen au Japon pour des malversations financières.
Crise entre Renault et Nissan
Son arrestation fin novembre à Tokyo a ouvert une crise entre Renault et son allié japonais Nissan (qui contrôle Mitsubishi Motors), à l'origine des révélations qui ont déclenché l'enquête.
Les relations risquent de se détériorer encore à la suite de l'annonce des pourparlers avec Fiat Chrysler.
"La question désormais est : 'Quelle va être la réaction des Japonais ?'", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, qui dit craindre qu'ils ne soient "furieux". Selon une autre source, "Nissan n'a pas été impliqué dans ce dossier".
Contacté par l'AFP, Renault et Nissan ont refusé de commenter ces informations.
Un rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler créerait un ensemble de près de 16 millions de véhicules, qui distancerait largement ses rivaux.
L'alliance existante entre Renault, Nissan et Mitsubishi affiche 10,76 millions de véhicules vendus en 2018, devançant le mastondonte allemand, Volkswagen (10,6 millions d'euros), ainsi que Toyota (10,59 millions).
Une alliance franco-italo-américaine changerait aussi profondément le rapport de forces au sein de l'attelage Renault-Nissan-Mitsubishi, en renforçant la partie française.
Fiat-Chrysler (FCA), qui est en grande difficulté en Europe, est depuis plusieurs semaines au centre de rumeurs de rapprochements.
Avec AFP