
Une embuscade dans un village de l'ouest du Niger, près de la frontière malienne, a tué au moins 28 soldats nigériens, selon un bilan officiel. L'organisation État islamique a revendiqué l'attaque.
L'armée nigérienne a été une nouvelle fois la cible d'une attaque par un groupe d'hommes lourdement armés. Au moins 28 soldats ont été tués, mardi 14 mai, près du village de Tongo Tongo, dans la région de Tillabéri (ouest), près de la frontière malienne, selon le dernier bilan communiqué jeudi par leur état-major.
"Le 14 mai vers 8 h locales [7 h GMT, NDLR] dans la zone nord de Mangaïzé, une colonne militaire de Forces armées nigériennes (FAN) en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d'engins explosifs improvisés", selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense, lu à la radio, mercredi soir.
"Des renforts ont été déployés dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord [à la frontière malienne, NDLR]. Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l'appui des partenaires", conclut le texte.
Onze soldats portés disparus ont aussi été retrouvés morts, selon une source sécuritaire.
L'organisation État islamique a revendiqué l'attaque, via son agence de propagande, ainsi que celle de la prison de Koutoukalé, près de Niamey, lundi 13 mai.
Deuil national
Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours à compter du jeudi, selon un communiqué lu à la télévision.
Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq soldats nigériens avaient été tués par des jihadistes à bord d'une dizaine de véhicules et d'une vingtaine de motos à hauteur du village de Tongo Tongo, situé à environ 80 km au nord-ouest de Ouallam (à une centaine de kilomètres de Niamey) et à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière avec le Mali. L'attaque avait aussi été revendiquée par l'organisation État islamique.
Depuis 2018, l'ONU s'inquiète de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes jihadistes et de violences intercommunautaires. L'armée nigérienne s'est déployée massivement fin 2018 pour chasser des combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso.
Avec AFP