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Recep Tayyip Erdogan a achevé samedi une visite d'État de trois jours en Allemagne qui n'a pas permis de détendre les relations diplomatiques entre Berlin et Ankara. Angela Merkel souligne de "profondes divisions" entre les deux capitales.

Une visite pour rien ou presque. Recep Tayyip Erdogan a achevé samedi 29 septembre une visite d'État de trois jours en Allemagne. À Cologne, il a inauguré la plus grande mosquée du pays sous l'étroite surveillance des forces de sécurité, qui avaient tenu à l'écart les partisans du président turc comme ses opposants.

Les autorités allemandes ont interdit un rassemblement de 25 000 personnes devant cet édifice construit par l'organisation musulmane Ditib (Union turco-islamique pour les affaires religieuses), laquelle entretient des liens étroits avec Ankara.

"De profondes divisions"

Au cours de ce voyage entamé le 27 septembre, le président turc espérait favoriser un rapprochement avec Berlin après une longue phase de tensions entre les deux pays, surtout depuis le putsch manqué de juillet 2016 en Turquie. Mais la chancelière Angela Merkel a constaté vendredi, après avoir rencontré le président turc, la persistance de "profondes divisions" entre les deux pays.

À Cologne, Erdogan a pourtant lui qualifié sa visite en Allemagne de "fructueuse et couronnée de succès". "J'ai souligné qu'il nous fallait mettre de côté nos divergences et nous concentrer sur nos intérêts communs", a-t-il dit lors de la cérémonie d'inauguration de la mosquée centrale.

Le président turc a toutefois de nouveau réclamé que l'Allemagne réprime les séparatistes kurdes présents sur son territoire et estimé que le footballeur Mesut Özil, qui a quitté l'équipe nationale en juillet dernier après avoir posé en photo avec le président turc, avait été victime de discrimination en raison de ses origines. "Le racisme doit cesser", a déclaré Erdogan.

Lors d'un banquet présidé le 28 septembre par le chef de l'État allemand Frank-Walter Steinmeier, le dirigeant turc a également accusé l'Allemagne d'héberger des terroristes, incitant le quotidien Bild à dénoncer samedi un "discours haineux contre l'Allemagne".

Stato quo

Erdogan, dont le pays traverse actuellement une crise économique sévère, entendait parler notamment des relations économiques bilatérales avec ses interlocuteurs en Allemagne, pays qui compte trois millions d'habitants d'origine turque.

Mais les principaux alliés d'Angela Merkel ont jugé que cette visite était prématurée et exclu toute nouvelle aide économique à Ankara. "La relation germano-turque n'est ni meilleure ni plus simple à l'issue de cette visite", a estimé Norbert Röttgen, président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag.

À Cologne, où vit une des plus importantes communautés turques à l'étranger, tout le quartier de la mosquée avait été bouclé et des tireurs d'élite de la police s'étaient postés sur les toits. Quelques centaines de partisans d'Erdogan se sont rassemblés derrière les barrières de sécurité, avec drapeaux et foulards aux couleurs nationales turques.

Un millier de protestataires, comprenant des immigrés d'origine turque et des militants de gauche, étaient réunis sur la rive opposée du Rhin après avoir reçu l'interdiction de défiler dans le centre-ville.

Avec Reuters