La commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla a repris ses auditions mercredi matin. Elle a entendu le chef de cabinet d'Emmanuel Macron, le commandant militaire de l'Élysée ainsi que le commissaire de police Maxence Creusat.
Affaire Benalla, acte II. Les fonctions d'Alexandre Benalla à l'Élysée ont été, mercredi 12 septembre, au cœur de la reprise des auditions de la commission d'enquête sénatoriale, qui tente notamment de comprendre le rôle de l'ex-chargé de mission dans la sécurité d'Emmanuel Macron.
"Nous poursuivons nos auditions pour tenter de lever des contradictions" et "établir le fonctionnement" des différents services de l'État, a déclaré Philippe Bas avant d'ouvrir la matinée avec l'audition du chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch.
.@BasPhilippe, Président de la #ComLoisSénat, souhaite avoir des précisions sur la sanction de M. #Benalla. “Vous faites état d’une rétrogradation. Nous avons le texte de la sanction mais il ne le mentionne pas. Y a-t-il un autre texte sur le sujet?” #AffaireBenalla #DirectSénat pic.twitter.com/q1wZ2Mk0z3
Sénat (@Senat) 12 septembre 2018Ce dernier a répété qu’Alexandre Benalla avait eu "un comportement individuel fautif" le 1er mai et qu'il avait "à l'évidence agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République". "J'ai entendu parler de milice" à la présidence. "Ce n'est absolument pas le cas", a assuré l'ex-supérieur hiérarchique de celui que certains, dans la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, avaient qualifié de "Rambo".
Insistant à plusieurs reprises sur le fait qu'il était en voyage préparatoire en Nouvelle-Calédonie au moment des faits, François-Xavier Lauch a également souligné qu'"(Alexandre) Benalla n'a pas exercé de mission de police" dans le cadre de ses fonctions à l'Élysée.
Selon François-Xavier Lauch, ces fonctions étaient "extrêmement claires", "cadrées" : "L'organisation des déplacements nationaux du président de la République", "l'organisation des événements au palais de l'Élysée" et enfin "la coordination, sous l'autorité du directeur de cabinet, des deux services de sécurité de l'Élysée".
En l'occurrence "des choses très administratives", a-t-il pris soin de souligner, alors que la commission cherche à déterminer si Alexandre Benalla n'a pas en fait rempli une fonction de protection personnelle du chef de l'État, tâche sensible qui incombe à des unités d'élite de la police et de la gendarmerie.
La commission a ensuite entendu le commandant militaire de l'Élysée, le général Bio-Farina, selon qui Alexandre Benalla était "un petit peu la charnière entre ce que fait le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République, NDLR) et le commandement militaire", les deux unités en charge de la sécurité du président. En outre, "il avait l'approche humaine de ce que souhaitait le président pour sa sécurité", a-t-il ajouté, et "participait aux travaux de réorganisation de la sécurité de l'Élysée".
"Il reste toujours des contradictions et c'est à nous de les éclairer"
Troisième et dernière audition au programme : celle de Maxence Creusat, commissaire de police à la direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris. Il a été mis en examen notamment pour "violation du secret professionnel".
"Je ne dirais pas que nous avons eu des réponses claires à toutes les questions posées. Il reste toujours des contradictions et c'est à nous de les éclairer", comme le port d'armes d'Alexandre Benalla ou ses missions de protection rapprochée, a dit Philippe Bas à l'issue des auditions.
“Est-ce qu’il n’est venu à l’esprit de personne autour du Président de la République, que devant la gravité des faits c’était un risque de conserver cet agent dans l’équipe ?” s’interroge @BasPhilippe, Président de la #ComLoisSénat#AffaireBenalla #DirectSénat pic.twitter.com/8L8ZauxZK6
Sénat (@Senat) 12 septembre 2018"Toutes les contradictions ne sont pas levées et on en déduit la gêne gouvernementale", a estimé pour sa part François-Noël Buffet (LR), vice-président de la commission des lois. "On voit bien que cet homme était protégé, et ultra-protégé". "Ils nous prennent pour des crédules", "ils ne répondent pas", "et plus ça continue, plus ça crée le soupçon", a surenchéri l'écologiste Esther Benbassa (CRCE).
"Personne n'est dupe" de l'"instrumentalisation" politique de l'affaire Benalla depuis cet été, a affirmé de son côté la garde des Sceaux Nicole Belloubet. Également offensif, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s'en est de nouveau pris au président LR de la commission, Philippe Bas, jugeant qu'il faisait de l'affaire Benalla "une ambition politique personnelle".
Alexandre Benalla est mis en examen pour des violences contre un manifestant le 1er mai à Paris. Emmanuel Macron a réfuté toute volonté de couvrir son ex-collaborateur.
Avec AFP