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La crise diplomatique s'envenime entre le Canada et l'Arabie saoudite

Le Canada a réaffirmé sa détermination à "défendre les droits humains" dans le monde, après l'annonce de l'expulsion de son ambassadeur à Riyad pour "ingérence", qui a provoqué une crise d'une virulence inédite entre les deux pays.

Ottawa maintient sa ligne ferme sur la question des droits de l'Homme après que l' Arabie saoudite a ordonné l'expulsion dans les vingt-quatre heures de l'ambassadeur du Canada en poste à Riyad et suspendu tout nouvel échange commercial avec le pays. Le royaume wahhabite reproche à Ottawa un appel en faveur de la libération de militantes saoudiennes des droits des femmes.

"Notre politique étrangère, basée sur des valeurs, notre soutien aux droits humains et aux droits des femmes, est une partie essentielle de ce que nous sommes lorsque nous parlons au nom du Canada", a martelé, lundi 6 août, la ministre des Affaires étrangères. "Le Canada défendra toujours les droits humains au Canada et dans le reste du monde", a ajouté Chrystia Freeland. Cette dernière s'est une nouvelle fois dite "préoccupée" par la crise en cours.

CAN gravement préoccupé par autres arrestations de membres de société civile & activistes droits des femmes en #ArabieSaoudite, incl. Samar Badawi. Ns exhortons autorités saoudiennes à les remettre en liberté, ainsi que tous les autres activistes pacifiques #droitsdelapersonne.

  Pol. étrangère CAN (@CanadaPE) 3 août 2018

"En ce qui concerne notre relation plus large avec l'Arabie saoudite, nos diplomates ont posé des questions de procédure aujourd'hui, et nous attendons les réponses", a expliqué Chrystia Freeland. Interrogée lors d'un point presse sur le sort d'un contrat d'achat de véhicules blindés légers d'un montant de 15 milliards de dollars, conclu en 2014, elle a estimé que la question était "prématurée" et devait être posée à Riyad.

"Préoccupée" par la crise en cours

Cette crise fait suite à un tweet de l'ambassade canadienne se disant "gravement préoccupée" par une nouvelle vague d'arrestations de militants des droits de l'Homme dans le royaume wahhabite. Les autorités saoudiennes ont notamment jugé "inacceptable" que les Canadiens réclament la "libération immédiate" des militants.

Les échanges commerciaux entre les deux pays, à l'avantage de l'Arabie saoudite, se sont élevés à un peu plus de 4 milliards de dollars canadiens (2,7 milliards d'euros) en 2017, selon l'institut officiel Statistique Canada. Face à la fermeté canadienne, Riyad a une nouvelle fois haussé le ton et annoncé de nouvelles mesures : suspension des bourses universitaires pour ses ressortissants au Canada et transfert des étudiants vers d'autres pays.

Dans les heures qui ont suivi l'annonce, Riyad a été soutenu dans sa démarche par son allié et voisin du Bahreïn. Les Émirats arabes unis se sont également rangés du côté de l'Arabie saoudite "dans la défense de sa souveraineté".

À Washington, un représentant du département d'État a déclaré que les États-Unis avaient demandé à l'Arabie saoudite des précisions sur les détentions des militants. "Nous continuons à encourager le gouvernement saoudien à respecter les procédures et à rendre publiques les informations sur l'avancée des affaires judiciaires", a-t-il déclaré.

Avec AFP et Reuters