
Même en toute petite quantité, la présence de cocaïne dans les eaux des rivières est un fléau pour la faune aquatique.
En mai dernier, des moules vivant dans un bras de mer non loin de Seattle étaient contrôlées positives aux opioïdes. Aujourd'hui, c'est au tour d'un autre de genre de créatures aquatiques de subir les conséquences du comportement des humains.
Anna Capaldo, une scientifique de l'université de Naples - Frédéric II, et son équipe étudient depuis plusieurs années les anguilles européennes. En 2011, ils avaient constaté la présence de cocaïne dans les tissus de certaines d'entre elles. À l'époque, les conclusions du rapport permettaient seulement d'affirmer que "la cocaïne est capable de s'accumuler dans la chair de l'anguille, présentant ainsi un risque pour leur physiologie, mais aussi pour les humains qui viendraient à manger ces poissons contaminés".
Hyperactivité et problèmes musculaires
Depuis, les mêmes chercheurs ont continué leurs investigations et ont mis en ligne le 4 juin dernier dans la revue Science of the Total Environment une nouvelle étude dont les résultats sont tout autant inquiétants. Pendant 50 jours, ils ont placé en aquarium 150 anguilles européennes. Certaines vivaient dans une eau saine, tandis que d'autres évoluaient dans un liquide agrémenté de 20 nanogrammes de cocaïne par litre. Pendant l'expérience déjà, les anguilles sous drogue présentaient "des signes d'hyperactivité".
Mais c'est lors de la dissection des poissons que les chercheurs se sont aperçus des dégâts causés par la cocaïne. Leurs muscles, qui leur permettent notamment de se déplacer, étaient gravement endommagés et certaines fibres musculaires s'étaient déchirées. Malgré une remise en eaux "propres" pendant 3 à 10 jours, les anguilles exposées n'avaient pas pu s'en remettre.
Un danger pour l'espèce
Les dégâts se répercutent également sur la survie même de l'espèce, puisque les effets de la cocaïne peuvent également empêcher les anguilles d'atteindre leur maturité sexuelle, mais aussi les affaiblir au point de ne plus pouvoir effectuer leur migration vers la mer des Sargasses, là où elles se reproduisent.
Comment ce genre de substance peut-il se retrouver dans les océans et rivières ? Si un humain consomme de la drogue, des traces de cette dernière seront présentes dans ses urines ou ses selles. Un mauvais traitement des eaux usées suffira à ce qu'un infime pourcentage de produit illicite termine dans l'eau. Infime, mais suffisant pour nuire aux espèces qui y vivent.
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