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En visite surprise en Abkhazie, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a promis qu'il aiderait la province sécessionniste géorgienne à assurer sa défense en construisant des bases militaires russes à proximité de ses frontières.

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a brièvement interrompu ses vacances à Sotchi, sur la mer Noire, pour effectuer une visite surprise – et remarquée – en Abkhazie. Le chef du gouvernement russe s’est rendu dans la province sécessionniste géorgienne pour annoncer que Moscou allait dès 2010 sécuriser la frontière avec la Géorgie et équiper les bases militaires russes pour un montant compris entre 15 et 16 milliards de roubles (environ 325 millions d’euros).

"Nous ferons tous les efforts nécessaires avec les autorités abkhazes pour construire une défense moderne aux frontières [...] C'est une garantie supplémentaire et sérieuse pour la défense de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud", a indiqué Vladimir Poutine dès son arrivée à Soukhoumi, chef-lieu de l'Abkhazie.

L’ex-président russe a également indiqué que Moscou verserait 2,5 milliards de roubles (environ 55 millions d’euros) pour soutenir les finances abkhazes.

De son côté, le ministre russe de la Défense a indiqué, le même jour, qu’il n’avait pas l’intention d’envoyer des troupes supplémentaires en Abkhazie [où 3 636 soldats russes sont déjà stationnés, ndlr] et en Ossétie du Sud. "Pourquoi davantage ? C'est suffisant !" a-t-il lancé lors d’une conférence de presse.


L’ONU "non grata"


Il s’agit de la première tournée de Vladimir Poutine en Abkhazie depuis la guerre éclair qui avait opposé la Russie à la Géorgie en août 2008. À la suite du conflit, Moscou avait reconnu l’indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, un acte qui avait suscité d'importantes condamnations internationales. À ce jour, seuls la Russie et le Nicaragua reconnaissent les deux petits territoires rebelles géorgiens.

Vladimir Poutine a d’ailleurs affirmé que les observateurs de l'ONU et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ne seraient plus autorisés à patrouiller en Abkhazie tant qu’ils ne reconnaîtront pas l'indépendance du territoire.

Cette visite intervient dans un contexte de forte tension entre Moscou et Tbilissi, moins d’une semaine après les célébrations du premier anniversaire de cette guerre.

“Avec les leaders géorgiens actuellement au pouvoir, on peut s’attendre à tout”, a affirmé Vladimir Poutine devant des journalistes abkhazes désireux de savoir si une nouvelle guerre avec la Géorgie était possible.

A Tbilissi, le ministère géorgien des Affaires étrangères a lui dénoncé cette visite, accusant le Premier ministre russe de vouloir raviver les tensions dans le Caucase.

Il y a moins d'un mois, le président russe, Dmitri Medvedev, s’était rendu en Ossétie du Sud, une visite alors vivement critiquée par l’Union européenne (UE).