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Frappes en Syrie : France et Royaume-Uni devant leurs Parlements

Les gouvernements français et britanniques devront s'expliquer devant leurs Parlements respectifs, lundi, à propos des frappes effectuées en Syrie en coordination avec les États-Unis.

Lundi 16 avril, la Première ministre britannique Theresa May se présentera devant le Parlement pour évoquer la participation du Royaume-Uni aux frappes en Syrie menées avec la France et les États-Unis, en représailles à l’attaque présumée chimique à Douma, le 7 avril. Le même jour, en France, un débat sans vote aura lieu à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Des deux côtés de la Manche, des voix se sont élevées samedi, parmi l’opposition, pour regretter que les représentations nationales n’aient pas été consultées avant les attaques en Syrie.

Côté britannique, où l’usage depuis l'intervention en Irak en 2003 veut que l’on consulte le Parlement avant toute intervention militaire, les partis d'opposition et plusieurs ONG ont condamné la décision de Theresa May.

"Le Royaume-Uni devrait jouer un rôle de leader dans la recherche d'un cessez-le-feu dans ce conflit, et non recevoir des instructions de Washington", a réagi le leader de l'opposition à la Chambre des Communes, le travailliste Jeremy Corbyn, qui a réclamé un vote sur le sujet, dimanche sur la BBC.

Côté français, plusieurs personnalités politiques, à l’instar du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, ont regretté qu'il n'y ait pas eu de vote du Parlement en amont de l’opération militaire.

1/2 Les frappes contre la #Syrie se font sans preuve, sans mandat de l'ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français. Et cela sans aucune perspective politique en Syrie.

  Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 14 avril 2018

Fondement légal

Dans les deux cas, les gouvernements estiment avoir agi dans les limites de la légalité. Theresa May a assuré samedi que les frappes étaient "légales", son gouvernement publiant ensuite un document avalisant l'intervention d'un point de vue juridique. "En vertu du droit international, le Royaume-Uni est autorisé, à titre exceptionnel, à prendre des mesures pour soulager des souffrances humanitaires écrasantes", affirme ce document. "La base légale du recours à la force est l'intervention humanitaire". Un raisonnement "légalement discutable", selon Jeremy Corbyn.

"Marcher dans le sillage d'un président américain imprévisible ne peut remplacer un mandat de la chambre des Communes", a tancé le leader du Parti libéral-démocrate (centre), Vince Cable, rejoint sur ce point par Stewart McDonald, un porte-parole du Parti nationaliste écossais, troisième force politique au Parlement.

En France, le débat devant le Parlement, inscrit dans la Constitution, ne doit intervenir qu’après la décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger. Les présidents du Sénat, Gérard Larcher (LR), et de l’Assemblée nationale, François de Rugy (LREM), avaient toutefois été informés du déclenchement des frappes avant qu'elles ne débutent.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, devrait les recevoir le 15 avril à 11 h, ainsi que les responsables des groupes politiques, pour leur confirmer la tenue du débat de lundi. Les présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l'Assemblée et du Sénat ont également été conviés.

Avec AFP et Reuters