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Les proches des victimes arrivent à Guantanamo

Cinq familles de victimes des attentats du 11-Septembre se sont déplacées jusqu'à la base américaine de Guantanamo pour assister au procès de cinq terroristes présumés, qui ont annoncé vouloir plaider coupable.

L’un des cerveaux présumés du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, et ses quatre co-accusés ont comparu ce mardi devant un juge de tribunal militaire à Guantanamo, pour une audience préliminaire, durant laquelle ils ont chacun annoncé leur intention de plaider coupable.


"Nous ne voulons pas perdre de temps", a déclaré Khaled Cheikh Mohammed au juge Stephen Henley lors de l’audience, ajoutant à plusieurs reprises qu’il souhaitait mourir en martyr.


"J’ai été vraiment soulagée qu’ils aient avoué sans y avoir été forcés. Je suis soulagée que la vérité soit enfin reconnue", témoigne Maureen Santora, la mère de l’une des 3 000 victimes des attentats de 2001, un pompier de 23 ans.


Depuis le fond de la salle, derrière une vitre en plexiglas, Maureen et son mari Al, ainsi que quatre autres familles tirées au sort parmi une centaine, ont pu assister à l’entretien préliminaire consacré à la préparation du procès des cinq hommes. Ils sont accusés de crime de guerre, une peine passible de la peine de mort.


Ces familles sont devenues le temps d’une semaine les porte-paroles des milliers de victimes du 11-Septembre. Elles sont les rares témoins d’une scène du premier tribunal américain pour crimes de guerres depuis Nuremberg en 1945.


"Je lui mettrais une balle dans la tête"


Si Maureen souhaite que les accusés terminent leurs jours en prison, son mari Al est, lui, partisan d’une solution plus radicale : "Si ça ne tenait qu’à moi, j’irais acheter un pistolet et je lui mettrais une balle dans la tête. Ça nous ferait gagner du temps et de l’argent."


Sur les cinq accusés, seuls trois d’entre eux – dont Khaled Cheikh Mohammed – ont été autorisés par le juge à retirer leurs recours et plaider coupable. Les deux autres n’ont pas pu suivre la même procédure, leur état mental faisant l’objet d’une expertise.


Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l’Homme, a vivement réagi à la décision des accusés de plaider coupable : "Ce qui aurait dû être une victoire majeure dans la bataille pour faire rendre des comptes aux accusés du 11-Septembre de crimes horribles, a été terni par la torture et un processus de tribunaux militaires injustes." Dans un communiqué, l’organisation poursuit : "Le juge devrait réclamer une enquête complète et approfondie pour déterminer si cette décision de plaider coupable est volontaire".