
Le chef du parti libéral canadien, Stéphane Dion, quitte la direction de la principale formation d'opposition. Il a subi des pressions à l'intérieur de son parti, pour laisser la place à un chef plus charismatique face à Stephen Harper.
AFP - Le chef du parti libéral canadien Stéphane Dion, confronté à des pressions croissantes, a annoncé lundi son départ de la direction de la principale formation d'opposition à la recherche d'un chef plus charismatique pour affronter le Premier ministre conservateur Stephen Harper.
Le départ de Stéphane Dion survient au moment où le Canada traverse une crise politique qui a forcé le Premier ministre à faire suspendre le parlement jusqu'à la fin janvier, afin d'éviter un vote de défiance de l'opposition pour le renverser et porter au pouvoir un gouvernement de coalition.
Stéphane Dion, qui devait demeurer en poste jusqu'en mai prochain, aurait été Premier ministre de ce gouvernement de coalition jusqu'à la nomination de son successeur à la tête du Parti libéral canadien.
Mais des ténors libéraux ont multiplié les appels au cours des derniers jours afin de le pousser à quitter précipitamment ses fonctions.
"Il existe un sentiment au sein du parti, et très certainement au sein du caucus (groupe parlementaire), que compte tenu des nouvelles circonstances, le nouveau chef doit être en place avant la reprise des travaux de la chambre. Je suis d'accord", a déclaré M. Dion dans un communiqué, sans apparaître devant les caméras.
Grand, mince, l'allure un peu professorale et l'anglais hésitant, ce Québécois de 53 ans, né de mère française, n'avait pas réussi à s'imposer tant dans la province francophone du Québec que dans le Canada anglophone.
Les libéraux ont enregistré sous sa gouverne l'un des pires résultats de leur histoire aux élections législatives du 14 octobre dernier qui ont reconduit Stephen Harper à la tête d'un gouvernement minoritaire.
Après cette déconfiture électorale, le chef libéral avait annoncé son départ pour le mois de mai, mais l'agitation politique des derniers jours et la volonté des libéraux d'affronter les conservateurs avec un nouveau chef lors de la rentrée parlementaire fin janvier ont précipité son départ.
"Mon départ anticipé ne change absolument rien à la réalité de la situation qu'a créée le Premier ministre au cours des deux dernières semaines", a-t-il ajouté en référence à la crise politique provoquée par un plan d'austérité des conservateurs jugé inadéquat par l'opposition pour répondre à la crise économique aux portes du Canada.
L'exécutif du parti libéral doit désigner un chef intérimaire au cours des prochains jours, mais celui-ci devrait être confirmé ultérieurement selon un mécanisme qui n'a pas encore été défini.
Le favori est Michael Ignatieff, 61 ans, ancien professeur à l'université Harvard, rentré au Canada en 2005 pour se présenter sous la bannière libérale aux élections de janvier 2006.
Parfaitement bilingue, charismatique et cultivé, Michael Ignatieff est perçu comme le meilleur choix par de nombreux libéraux, mais est jugé un brin arrogant par une partie de la population.
Il a reçu lundi l'appui de plusieurs élus libéraux dont celui de Dominique Leblanc, l'un de ses deux rivaux à la course à la direction du parti avec Bob Rae. M. Leblanc s'est retiré de la course à la direction.
"Au moment où il nous faut un chef en poste rapidement, où le pays a besoin d'une alternative à Stephen Harper (...) Michael Ignatieff est la personne désignée pour mener notre parti et notre pays", a déclaré M. Leblanc.
Le chef du Parti libéral pourrait devenir Premier ministre si l'opposition renverse Stephen Harper à la rentrée parlementaire. Un vote de défiance des trois partis d'opposition mènerait soit à un gouvernement de coalition soit à la tenue de nouvelles élections législatives.