![Au Qatar, Macron doit réaffirmer la position française dans la crise du Golfe Au Qatar, Macron doit réaffirmer la position française dans la crise du Golfe](/data/posts/2022/07/22/1658525673_Au-Qatar-Macron-doit-reaffirmer-la-position-francaise-dans-la-crise-du-Golfe.jpg)
Le président français Emmanuel Macron est arrivé jeudi au Qatar pour une courte visite au cours de laquelle il doit évoquer la lutte contre le terrorisme, la crise au Moyen-Orient et dans le Golfe, et signer quelques contrats.
Après Alger, le président français Emmanuel Macron est arrivé jeudi 7 décembre au Qatar pour une brève visite. Au programme des échanges, la lutte antiterroriste et la crise au Moyen-Orient après les annonces de Donald Trump sur Jérusalem, ainsi que plusieurs signatures de contrats. "L’occasion pour la France de rappeler sa position médiane", indique James André, envoyé spécial de France 24 au Qatar.
Le chef de l’État français, accompagné du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de la ministre des Armées Florence Parly, doit y rencontrer le commandement américain, ainsi que les troupes françaises stationnées sur cette base. La visite de Macron au Qatar intervient au lendemain des décisions annoncées par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et de transférer l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv vers cette ville.
Lutte anti-terroriste
À Doha, Emmanuel Macron doit aborder les dossiers du financement du terrorisme et de la lutte contre la radicalisation, qu’il avait déjà soulevés lors de sa tournée, ainsi que lors d'une visite aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
Il avait en effet déjà annoncé lors du sommet Europe-Afrique d'Abidjan la semaine dernière qu'il demanderait au Qatar de ne plus financer en France de fondations ou d'écoles encourageant l'islam radical.
Macron a précisé avoir déjà obtenu cet engagement de la part du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dont le pays est actuellement en crise ouverte avec le Qatar. Il s'est même proposé de se faire le relais d'autres pays en remettant de leur part au Qatar et à l'Arabie saoudite une liste d'institutions suspectes.
Lors de son déplacement au Qatar, il doit également s'entretenir avec le jeune émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, qu'il avait reçu à Paris en septembre, avant une conférence de presse conjointe. Durant cette visite, les deux dirigeants ouvriront "la première réunion pour la coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme, le financement du terrorisme et la radicalisation", précise l'Élysée.
Macron compte organiser début 2018 à Paris une conférence internationale sur le financement du terrorisme à laquelle il conviera tous les acteurs de la région.
Crise du Golfe et signatures de contrats
La crise du Golfe, qui oppose le Qatar à l'Arabie saoudite et ses alliés depuis six mois, doit également figurer au centre des échanges. Soucieux de ménager toutes les parties avec lesquelles il est resté en contact régulièrement, Emmanuel Macron devrait réaffirmer la position "médiane" de la France, selon l'Élysée. Depuis le début du boycott du Qatar par ses voisins du Golfe en juin, Paris n'a pas choisi de camp, mais appelé au dialogue et soutenu la médiation koweïtienne.
Il y a six mois, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis et l'Égypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar et fermé leurs liaisons aériennes et maritimes ainsi que la seule frontière terrestre de l'émirat (avec l'Arabie). Ils reprochent au petit É tat gazier de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que Doha réfute, et de se rapprocher de l'Iran, grand rival régional de Riyad.
À la recherche de soutiens, le Qatar a multiplié ces derniers mois les gros contrats d'armement avec des pays occidentaux et signé un accord de défense avec la Russie, sans oublier un partenariat de 25 ans avec Total sur le gisement pétrolier offshore d'Al-Chahine.
Les deux chefs d'État devraient d’ailleurs signer plusieurs contrats dont "la maturité est proche", selon l'Élysée. Parmi eux pourraient figurer l'achat par Doha de 12 nouveaux avions de combat Rafale (groupe Dassault) et la concession du métro de Doha aux groupes RATP et Keolis, pour quelque 3 milliards d'euros selon la presse économique. En 2016, Doha avait acquis 24 Rafale pour 6,3 milliards d'euros.
Avec AFP