
Capture d'écran provenant d'une vidéo partagée par le Commandement central militaire américain (Centcom) sur les réseaux sociaux. Dans la nuit de mercredi 8 à jeudi 9 juillet, les États-Unis ont encore massivement frappé l'Iran. © US Military Central Command, AFP
De nouveaux affrontements ont éclaté entre les États-Unis et l'Iran, Téhéran ripostant jeudi 9 juillet contre des alliés de Washington dans la région et accusant ses ennemis de vouloir perturber l'inhumation du guide suprême Ali Khamenei.
Cette reprise des hostilités, les plus importantes depuis la signature le 17 juin par les deux belligérants d'un fragile protocole d'accord venu entériner le cessez-le-feu d'avril, fait craindre un retour à un conflit d'ampleur.
Donald Trump a d'ailleurs déclaré la trêve "terminée" et étrillé les dirigeants iraniens, "des malades" avec qui il ne veut plus "avoir affaire", tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des pourparlers par son équipe de négociateurs.
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Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont encore massivement frappé l'Iran, visant selon l'armée quelque 90 cibles militaires.
Et dans la soirée de jeudi, une installation militaire près de Bouchehr, ville du sud-ouest de l'Iran qui abrite la seule centrale nucléaire en activité du pays, a été touchée par une frappe, a annoncé un responsable iranien jeudi à l'agence officielle Irna.
Le ministère américain de la Défense a cependant démenti auprès de l'Agence France-Presse (AFP) toute frappe des États-Unis sur l'Iran "lors des dernières heures".
"Ces deux dernières nuits, le bruit a été extrêmement fort", a raconté à l'AFP Badriyeh, 44 ans, femme au foyer originaire de Bandar Abbas, dans le sud du pays. Les raids américains ont fait 17 morts et 93 blessés selon les autorités.
Trafic ralenti dans le détroit d'Ormuz
Tout est parti mardi du stratégique détroit d'Ormuz, devenu un enjeu majeur du conflit, Washington imputant à Téhéran les attaques d'au moins trois navires commerciaux. Le trafic a depuis nettement ralenti, selon les données de la plateforme de suivi maritime Kpler.
L'Iran a profité de la guerre pour prendre le contrôle de cette voie maritime clé pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure. Il revendique d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement la route longeant ses côtes.
En représailles aux frappes américaines, les forces armées iraniennes ont de nouveau visé les voisins du Golfe : le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn, ou encore le Qatar, un des médiateurs dans les efforts de règlement du conflit.
Les sirènes d'alerte ont également retenti en Jordanie, où des missiles ont été interceptés pour la première fois depuis le 11 juin.
La reprise des frappes avait fait bondir mercredi les cours du pétrole, mais ils refluaient jeudi autour de 77 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.
Poursuite des funérailles de Khamenei
Signe du climat tendu, un avion de chasse a escorté l'appareil transportant la dépouille du guide suprême Khamenei jusqu'à Machhad.
Mais le regain des hostilités n'a pas entamé la ferveur des fidèles, nombreux à avoir fait le déplacement, après qu'ils furent des millions à Téhéran et à Qom en début de semaine puis dans l'Irak voisin.
"Tous les gens ici cherchent à se venger", témoigne Mohammad Afsharian, un commerçant de 41 ans, qui juge les efforts diplomatiques "quasiment enterrés".
"Même si nous parvenions à un accord avec les États-Unis, nous aurions toujours des problèmes avec Israël", dit-il. Cet ennemi juré de la République islamique depuis son avènement en 1979 s'est dit prêt jeudi à attaquer l'Iran "une troisième fois si nécessaire" et "plus durement encore", par la voix de son ministre de la Défense, Israël Katz.
À Machhad, une immense foule a cheminé sous un soleil de plomb vers le sanctuaire de l'imam Reza, le lieu le plus saint de l'islam chiite en Iran.
C'est dans ce somptueux édifice que doit être inhumé le guide suprême mort dans une frappe américano-israélienne le 28 février, à l'âge de 86 ans dont près de 37 à la tête de la République islamique.
Son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa nomination en mars, n'a pour l'heure pas fait d'apparition lors de ces funérailles.
Avec AFP
