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Un Breton soupçonné d'être un baron de la drogue sur le dark Web arrêté aux États-Unis

Traqué depuis des mois sur le “dark Web” pour trafic de drogues, un trentenaire français d’origine bretonne a été arrêté fin août aux États-Unis alors qu’il se rendait à un concours international de barbes et moustaches.

On aurait tendance à vouloir lui attribuer les surnoms de Barberousse ou ZZ Top tant son esthétique pileuse est singulière. Mais c’est sous celui de “OxyMonster” [le monstre des ‘Oxy’ ou ‘Oxycodone’, un opiacé surpuissant, ndlr] que Gal Vallerius était connu.

FBI, Homeland security, services postaux ou encore la fameuse DEA (Drug Enforcement Administration)... Ce Breton de 38 ans avait, à son insu, les autorités américaines sur le dos depuis des mois. Il a été arrêté pour trafic de drogues le 31 août à l’aéroport d’Atlanta, dans les sud des États-Unis, alors qu’il comptait participer aux championnats du monde de barbes et moustaches à Austin, au Texas.

“Gal Vallerius est une version moderne du baron d’un cartel de la drogue, agissant anonymement, tel un seigneur du dark Web, où vendeurs et acheteurs font affaire en Bitcoins", décrit le Miami Herald, citant les autorités locales. Bien qu’il ait été arrêté en Géorgie, une plainte pour trafic a été déposée contre lui à la cour fédérale de Miami.

Une référence sur le eBay de la drogue

Le trafiquant a été appréhendé par la police aux frontières américaine, grâce à une fouille de son ordinateur portable lors de son arrivée à l’aéroport d’Atlanta, apprend-t-on dans le document d’accusation de la DEA repris par le Miami Herald. La machine contenait “le navigateur Tor, permettant aux internautes de dissimuler leur véritable adresse IP sur ce réseau, ses identifiants sur Dream Market, une sorte d’eBay pour narcotiques, et l’équivalent de 500 000 dollars en Bitcoin”, révèle également le document.

Selon le Miami Herald, Gal Vallerius était le plus important trafiquant sur une demi-douzaine de cibles identifiées sur le dark web par les autorités américaines, et sa traque s’est avérée particulièrement ardue. C’est sous le pseudonyme “OxyMonster” qu’il a d'abord été repéré sur le site Dream Market, dans la section “forum” où acheteurs et vendeurs discutent des produits en vente sur le dark web. Fin août quelque 94 000 offres y figuraient, dont plus de 47 000 pour des drogues allant des opioïdes à l'ecstasy, en passant par les stéroïdes, selon la DEA.

D’après le procureur fédéral Francisco Maderal, Gal Vallerius agissait en qualité d’ “administrateur et modérateur” sur le forum de Dream Market et son profil le présentait comme un vendeur “senior” livrant partout en Europe et aux États-Unis. Le tout à grand renfort de commentaires élogieux de la part de ses clients du dark web.

Une barbe célèbre sur les réseaux sociaux

Il faudra attendre cet été pour que les agents de la DEA parviennent à dénicher la vraie identité d’OxyMonster après avoir pisté plus de 70 transactions. “Ils ont suivi ses premières ventes aux États-Unis et remonté la piste de son identité en traçant les Bitcoins. C’est-à-dire le chemin par lequel l’argent virtuel est converti en monnaie sonnante et trébuchante”, explique le quotidien breton Le Télégramme.

De là, tout s’enchaîne rapidement : les enquêteurs trouvent notamment les comptes Twitter et Instagram de Gal Vallerius, très actif sur les réseaux sociaux où sa barbe fait jaser. Puis les agents établissent des rapprochements entre les écrits d’OxyMonster sur le dark web et ses publications -publiques- sur Instagram et Twitter. Les comptes ont, depuis, été désactivés.

“Les agents ont découvert de nombreuses similarités dans le vocabulaire utilisé et la ponctuation comme la récurrence du mot ‘cheers’, les nombreux points d’exclamation, le recours fréquent aux guillemets et certains posts écrits en français”, précise la DEA. Lors de son passage à l’aéroport d’Atlanta, la police a ainsi aisément comparé le contenu de l’ordinateur portable de Gal Vallerius avec les preuves des transactions effectuées par OxyMonster sur Dream Market, rassemblées par la DEA.

Prison à vie?

Les autorités françaises ne sont pas en reste. Selon Le Télégramme, les policiers de la Direction interrégionale de la police judiciaire sont venus perquisitionner, mi-septembre, l’un des trois domiciles costarmoricains de Gal Vallerius dans le petit bourg de Plusquellec où vivent 600 âmes. “Sur place, ils trouvent la femme de ce dernier. Elle vient tout juste de rentrer chez elle, après un voyage express aux États-Unis” d’où elle vient d’être expulsée après l'arrestation de son mari, raconte le quotidien.

“Les enquêteurs français auraient saisi matière à nourrir la procédure américaine. Notamment plus de 50 000 euros en espèces. Mais aussi des stupéfiants - de la cocaïne”, est-il précisé. Plusieurs biens ont également été saisis ainsi que des permis de conduire étrangers.

Gal Vallerius, quant à lui, n’a pas contesté son identité ni son placement en détention lors de son audience à Atlanta. Son avocat n’a pas souhaité commenter pour l’instant. Le présumé dealer breton doit être prochainement transféré à Miami où de nouvelles accusations l’attendent, dont celle de conspiration de malfaiteurs, qui pourrait lui valoir la prison à perpétuité.