
Invité de France 24, l'ancien ambassadeur de France en Birmanie Jean-Michel Lacombe n'a pas été surpris par la réaction en demi-teinte de la dirigeante birmane, Aung San Suu Kyi, à la crise des Royingha.
En Birmanie, la cheffe du gouvernement, Aung San Suu Kyi, a évoqué pour la première fois – en la relativisant – la question de la crise des réfugiés rohingyas, mardi 19 septembre.
Pour Jean-Michel Lacombe, ancien ambassadeur français au Bangladesh et en Birmanie (2003-2007), invité de France 24, cette réaction d'Aung San Suu Kyi n'a rien de surprenant. "Très franchement, je croyais que ce serait plus brutal, confie-t-il. Elle a le sentiment que l’unité de son pays est en cause, que les problèmes des droits de l’Homme sont désolants mais qu’il y a beaucoup de propagande, de fake news et que dans ces conditions, il ne faut pas déstabiliser le pays."
Assignée à résidence pendant près de vingt ans par la junte militaire alors au pouvoir et honorée du prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi a longtemps été considérée comme une figure des droits de l'Homme en Birmanie. Pourtant, pour Jean-Michel Lacombe cet apparent revirement correspond à un phénomène global.
"Quand j’ai pris mes fonctions d’ambassadeur de France en Birmanie, j’ai rencontré l’ambassadeur de l’Inde, qui m’a dit : 'Nous ne sommes plus dans le business de la démocratisation', raconte-t-il. C'est-à-dire qu’il y a beaucoup de pays qui estiment que la démocratisation est un système pour affaiblir les pays qui ne plaisent pas aux Occidentaux. Et je pense que qu’Aung San Suu Kyi a rallié ce camp (des sceptiques de la démocratisation)."