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Mondial de rugby : les Bleues aux portes de l'exploit

L'équipe de France féminine affrontera mardi l'Angleterre en demi-finale du Mondial. Les Bleues, qui n'ont jamais atteint la finale, espèrent inverser le destin. Boostées par une popularité croissante, elles n'ont jamais été autant en confiance.

Depuis le début du Mondial 2017 de rugby féminin qui se tient en Irlande, les Bleues ont donné l’image d’un rouleau compresseur. Trois matchs, trois victoires, trois démonstrations. L’équipe de France de rugby s’est qualifiée vendredi 18 août pour les demi-finales en s’imposant face au Irlandaise sur le score de (21-5), après avoir battu l’Australie (48-0) et le Japon (72-14).

L'aventure continue!!! ???????????????????????? Direction Belfast pour préparer la demie!! Merci encore à tous ceux qui nous suivent ???????????????????????? pic.twitter.com/GRgqduW1m0

  Marjorie Mayans (@marjorie31140) 18 août 2017

Septième demi-finale en huit édition

Mais c’est maintenant que la compétition va véritablement commencer pour les Françaises. Pour décrocher leur billet pour la finale, les tricolores vont devoir se défaire mardi 22 août des Anglaises, championnes du monde en titre et dernier vainqueur du Tournoi des Six nations. Alors que l’Angleterre a déjà gagné deux couronnes (en 1994 et en 2014), les Françaises n’ont jamais fait mieux qu’une troisième place. En huit éditions, elles vont disputer leur septième demi-finale.

"On a vraiment envie de passer ce cap", a ainsi réagi la capitaine Gaëlle Mignot, au lendemain de leur qualification. "On a été euphoriques, un peu, après la victoire sur l’Irlande. Cela n’a duré que le soir. Dès le lendemain matin, on l’a vu dans le visage des filles : tout le monde a attaqué direct les vidéos, le travail, la récupération. On a vraiment basculé", a ajouté la joueuse.

#FranceFéminines Notre capitaine le sait, à partir de maintenant c'est une nouvelle compétition qui commence! Tous avec nos Bleues mardi ???? pic.twitter.com/u2euhk0Iyi

  FF Rugby (@FFRugby) 20 août 2017

Les Bleues ne veulent surtout pas répéter le scénario du dernier Mondial de 2014. Pourtant données favorites, elles avaient une nouvelle fois échoué aux portes de la finale en s’inclinant face au Canada (16-18).

Pour cette confrontation contre l’Angleterre, tous les voyants sont au vert. Les Françaises affichent de l’expérience avec des cadres comme Gaëlle Mignot, Caroline Ladagnous, Safi N’Diaye. Elles ont aussi réussi à intégrer de jeunes pousses comme l’ouvreuse Caroline Drouin, l’arrière Montserrat Amédée ou la pilier Anaëlle Deshayes. Efficaces à tous les niveaux de jeu, les Bleues, qui sont ensembles depuis plus de deux mois, ont bénéficié d’une préparation physique poussée.

#FranceFéminines Un discours que l'on aime entendre de la part de notre capitaine @GaelleMignot2! Les ???????? sont prêtes pour demain. #ANGFRA pic.twitter.com/C3lNTV8SBa

  FF Rugby (@FFRugby) 21 août 2017

Records d’audience

En dehors du terrain, les Françaises peuvent aussi compter sur un fort engouement populaire. Le match qui leur a permis de se qualifier a été diffusé pour la première fois en prime time sur France 2. Ce baptême s’est révélé payant. La rencontre a été suivie en moyenne par 2,4 millions de téléspectateurs avec un pic à 3,1 millions en fin de rencontre. Un record d’audience pour un match de rugby féminin.

La sociologue Béatrice Barbusse, auteur du "Sexisme dans le sport", n’est pas surprise par ces chiffres. "Il n’est plus rare maintenant que la diffusion d’un match de sport collectif féminin où il y a un enjeu sportif fasse entre 2 millions et 4 millions de téléspectateurs. Si l’on jette un coup d’œil aux affluences dans les stades ou les salles en sport collectif, on constate que le public vient également plus nombreux", explique à France 24 celle qui est aussi la seule femme à avoir présidé en France un club professionnel de handball, l’US Ivry Handball. "Les audiences augmentent progressivement, mais irrémédiablement n’en déplaisent encore à certains détracteurs. À partir du moment où l’on montre du sport au féminin, les amoureux-ses du sport ne peuvent qu’être séduit-es par le spectacle même si toutes les compétitions sont inégales encore en termes de niveau parfois".

Pour cette sociologue, cette visibilité va aller croissante, même si tout dépend aussi des résultats sur le terrain : "Cela s’améliorera franchement, et d’autant plus, si nos sportives et nos équipes rapportent des trophées et titres significatifs à des compétitions majeures (Ligue des champions, Coupes d’Europe, championnats d’Europe, du Monde, Jeux olympiques). En tant que femmes, hélas, elles n’ont pas le choix. On ne leur pardonnera pas des ratés surtout si ceux-là se répètent".

Les Bleues sont prévenues. Une qualification en finale du Mondial de rugby et un éventuel titre ne pourra qu’accélérer un phénomène déjà bien enclenché. Les mentalités changent, les clichés tombent et le sport féminin a le vent en poupe. "Mais cela ne veut pas dire pour autant que le combat est gagné définitivement. Il faut encore et toujours maintenir une certaine pression pour que l’on nous oublie pas !", insiste cependant Béatrice Barbusse.