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L'UFDG, un des trois partis suspendus en Guinée, va contester en justice une décision "illégale"
La junte au pouvoir en Guinée a suspendu pour "90 jours" trois partis du pays. L'UFDG, de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, condamne une suspension "illégale" et "se réserve le droit de saisir la Cour suprême pour demander l'annulation de cette décision".
Cellou Dalein Diallo, l'ancien Premier ministre de Guinée et président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à Conakry le 11 septembre 2021. © John Wessels, AFP

Au lendemain de sa suspension par la junte au pouvoir, avec deux autres formations, avant le référendum constitutionnel du 21 septembre, le parti de l'ex-Premier ministre de Guinée, Cellou Dalein Diallo, a promis dimanche 24 août un recours judiciaire.

Le ministère de l'Administration territoriale a annoncé samedi la suspension pour "90 jours" de trois des principaux partis du pays, dont ceux de l'ex-président Alpha Condé et de l'ex-Premier ministre Diallo. Les trois formations n'ont pas "satisfait (à leurs) obligations", selon lui. Cette décision est annoncée alors que l'opposition et la société civile ont appelé à des manifestations à partir du 5 septembre pour dénoncer, selon elles, une volonté du chef de la junte, le général Mamady Doumbouya, de confisquer le pouvoir à l'aide du référendum constitutionnel.

L'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) fustige une suspension "illégale" et "se réserve le droit de saisir la Cour suprême pour demander l'annulation de cette décision".

L'UFDG avait été informée fin juin par le ministère qu'elle devait "surseoir" à son congrès du 6 juillet en raison de risques de troubles.

Des dissidents du parti dont le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoul Diallo, exclu de la formation après sa nomination à cette dernière fonction, avaient menacé, sans leur réintégration, de perturber ce congrès.

L'UFDG, en contestation de la décision du ministère, avait saisi la cour suprême dont une décision était attendue jeudi.

Un référendum contesté

L'opposition guinéenne dénonce la tenue du référendum convoqué par le général Doumbouya, arrivé au pouvoir en septembre 2021 après avoir renversé le président Condé alors au pouvoir depuis plus de 10 ans.

L'UFDG, un des trois partis suspendus en Guinée, va contester en justice une décision "illégale"

Fin juin, un projet de Constitution a été présenté au général Doumbouya. Ce texte doit ouvrir la voie à un retour à l'ordre constitutionnel promis par les militaires. Les dispositions de ce projet de Constitution ne permettent pas de savoir de manière explicite si le général Doumbouya pourra ou non se présenter à une prochaine présidentielle.

Une "charte de transition" établie par la junte peu après le coup d'État impose qu'aucun membre de la junte, du gouvernement ou responsable des institutions de transition ne se présente aux élections.

L'adoption d'une nouvelle Constitution pourrait faire sauter ce verrou, dans ce pays dirigé pendant des décennies par des régimes dictatoriaux.

Avec AFP