
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE au siège du Conseil européen à Luxembourg, le 21 avril 2026. © Virginia Mayo, AP
L'Allemagne a confirmé, mardi 21 avril, son refus de suspendre l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne, malgré des appels lancés en ce sens par d'autres pays de l'Union européenne, dont l'Espagne.
Lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg, l'Italie a également jugé "pas utile" cette suspension.
"Nous considérons cela comme inapproprié", a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, à son arrivée à Luxembourg. "Nous devons parler des questions cruciales avec Israël", mais "cela doit se faire dans un dialogue critique et constructif avec Israël, c'est que nous défendons", a-t-il ajouté.
Ce refus de l'Allemagne empêche la suspension de cet accord, une décision qui requiert l'unanimité des Vingt-Sept.
De son côté, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a réaffirmé son scepticisme. "Je ne crois pas que le blocage d'un accord commercial soit un outil utile, car cela revient à frapper l'ensemble de la population israélienne", a-t-il déclaré.
Antonio Tajani a recommandé plutôt des sanctions "individuelles" contre les colons extrémistes en Cisjordanie.
"Notre crédibilité sera perdue"
"Si nous le faisons pas, notre crédibilité sera perdue", a en revanche jugé son homologue espagnol José Manuel Albares à propos de la suspension de cet accord d'association, entré en vigueur en 2000.
L'Espagne souhaiterait rompre cet accord. À ses côtés, l'Irlande et la Slovénie ont également signé une lettre commune demandant un "réexamen" du texte.
"Nous devons agir. Nous devons nous assurer que nos valeurs fondamentales sont protégées", a déclaré la ministre irlandaise Helen McEntee.
L'attitude des Européens s'est durcie après la guerre à Gaza, les dernières offensives israéliennes au Liban et le vote d'une loi instituant la peine de mort ne visant que les Palestiniens, il y a trois semaines.
Suspendre le seul volet commercial ?
"Que doit-il encore se passer pour que l'Union européenne soit ébranlée par les violations systématiques du droit international et des droits humains commises par Israël ?", a ainsi lancé le chef de la diplomatie espagnole.
Outre une suspension de l'accord dans son ensemble, la Commission européenne a également proposé aux Vingt-Sept de suspendre uniquement son volet commercial, ce qui peut être décidé à la majorité qualifiée des États membres.
Ces derniers en ont déjà débattu, mais sans parvenir à trouver cette majorité, qui requiert au moins 15 États membres représentant 65 % de la population de l'UE.
"Si l'avis des États membres a changé, alors nous pouvons avancer avec ces décisions", a prudemment déclaré mardi à Luxembourg la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas.
L'UE est le premier partenaire commercial d'Israël, pays auquel l'Allemagne vend notamment des armes.
La Commission européenne a proposé il y a plusieurs mois des sanctions contre ces colons, mais un veto de la Hongrie a jusqu'ici empêché une décision. Les Européens espèrent que la défaite électorale de Viktor Orban change la donne, mais ils doivent encore attendre l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement pour le vérifier.
La France et la Suède ont de leur côté réclamé dans une lettre commune de restreindre les importations en provenance des colonies israéliennes installées dans les Territoires palestiniens occupés. "Nous estimons que l'UE doit de toute urgence accroître la pression sur Israël", selon le texte de cette lettre.
Avec AFP
