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Crise au Venezuela : grève générale de 48 heures contre la constituante de Maduro

L'opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé à 48h de grève générale à partir de mercredi pour protester contre son projet de modifier la Constitution. Craignant des violences, des milliers de Vénézuéliens se rendent en Colombie.

Le Venezuela se prépare à une grève générale de 48 heures, mercredi 26 et jeudi 27 juillet, à l'appel de l'opposition, qui a lancé un ultimatum au président Nicolas Maduro avant l'élection, dimanche, d'une Assemblée constituante contestée.

Les antichavistes - du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, dont Nicolas Maduro est l'héritier - considèrent que les modalités de ce scrutin ne sont pas équitables et favorisent le camp au pouvoir. Ils voient dans ce projet de réécrire la Constitution un moyen pour Nicolas Maduro de se cramponner au pouvoir, de contourner le Parlement élu et d'éviter l'élection présidentielle de fin 2018. Quelque 70 % des Vénézuéliens sont opposés à l'Assemblée constituante, selon l'institut de sondage Datanalisis.

Signe de la tension ambiante et des craintes de nouvelles violences, les Vénézuéliens cherchaient à faire le plein de provisions. Des milliers d’entre eux, décidés à émigrer ou à se réapprovisionner, traversent la frontière avec la Colombie, inquiets que la crise dans leur pays n'empire avec l'élection de dimanche.

"Nous ne voulons pas être Cuba"

Outre l'appel au boycott de l'élection de la Constituante, dimanche, l'opposition a également prévu une grande manifestation à Caracas vendredi. Le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles a appelé les Vénézuéliens à "donner le tout pour le tout" lors de la grève, mercredi et jeudi, et de la marche de vendredi. "Maduro veut isoler le Venezuela du monde démocratique", a-t-il averti.

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, principale figure de la dissidence au sein du camp chaviste, a elle aussi appelé les citoyens à la mobilisation contre l'Assemblée constituante et a dénoncé "les persécutions et les abus" commis par le pouvoir.

Autre figure de l'opposition, Leopoldo Lopez, a exhorté mercredi les militaires à désavouer le projet d'Assemblée constituante du président Nicolas Maduro. "Je vous invite à ne pas être complices de l'anéantissement de la République, d'une fraude constitutionnelle, de la répression", a déclaré dans une vidéo diffusée sur Twitter, le fondateur du parti Volonté populaire, sorti de prison le 8 juillet après trois ans et cinq mois de détention.

Mi mensaje al bravo pueblo de Venezuela. Sigamos en las calles hasta alcanzar nuestra libertad! https://t.co/iPJATu1NMJ

— Leopoldo López (@leopoldolopez) 26 juillet 2017

Dès lundi, les opposants étaient mobilisés pour perturber l'élection. "Nous ne voulons pas être Cuba", pouvait-on notamment lire sur des affiches qui ont commencé à fleurir sur les murs de centres électoraux à travers le pays. Certaines écoles dans lesquelles seront installées les urnes du scrutin étaient déjà gardées par l'armée, soutien clé du gouvernement.

"Historique"

Les principales centrales syndicales ont apporté leur soutien à la mobilisation lancée par l'opposition. "Cela va au-delà des revendications syndicales", a déclaré la dirigeante syndicale Marcela Maspero. "C'est une grève historique qui tente d'arrêter la tyrannie".

Mais le gouvernement contrôle la très stratégique industrie pétrolière et la fonction publique, qui compte près de trois millions d'employés.

Simultanément, la pression internationale sur Caracas a augmenté ces derniers jours. Washington a menacé le président Maduro de sanctions, et plusieurs gouvernements d'Amérique latine et d'Europe l'ont appelé à renoncer à son Assemblée constituante.

Avec AFP